(New York) Les marchés américains se sont offert un rebond mardi après leur pire semaine depuis mars 2020, rattrapant le mouvement entamé la veille par les places européennes, bien que les perspectives à court terme restent sombres.

Mis à jour le 21 juin
Agence France-Presse

Le Dow Jones a pris 2,15 %, l’indice NASDAQ, à forte composition technologique, a avancé de 2,51 %, et l’indice élargi S&P 500 a gagné 2,45 %.

Les indices européens, en nette hausse lundi, sont restés dynamiques : Paris a gagné 0,75 %, Londres 0,42 % et Francfort 0,20 %.  

« Quel que soit le paramètre que vous examiniez, le marché avait trop baissé et le temps était venu d’un rebond », a expliqué Quincy Krosby, de LPL Financial.

Pour l’analyste, le mouvement a été accentué par des opérateurs qui avaient parié sur un recul des indices et ont dû racheter pour se couvrir.

Si, selon l’analyste d’Oanda Craig Erlam, « tous les investisseurs cherchent le point bas » dans la chute des cours depuis le début de l’année, « de nombreuses incertitudes dans les perspectives et les données » économiques « ne montrent pas de signes encourageants ».

À en juger par le volume d’échanges mardi à Wall Street, l’un des plus faibles depuis le début de l’année, au lendemain d’un jour férié, la conviction manque et les investisseurs sont peu nombreux à se remettre sur le marché.

La semaine passée, les Bourses mondiales avaient dévissé après l’annonce, par plusieurs banques centrales, de hausses de taux conséquentes pour lutter contre l’inflation, de telles manœuvres fragilisant l’activité économique, déjà chancelante.

La Réserve fédérale (Fed) aux États-Unis a notamment mis en œuvre une hausse de 0,75 point de pourcentage. L’audition de deux jours de son président Jerome Powell au Congrès, mercredi et jeudi, sera par conséquent le principal point d’attention des marchés.

Sur le marché obligataire, le taux d’intérêt de l’emprunt à 10 ans aux États-Unis montait pour atteindre 3,28 %, alors que les taux en Europe restaient stables au lendemain d’une forte hausse. L’emprunt à 10 ans allemand était à 1,76 %, le français de même échéance à 2,32 %.  

La technologie reprend des couleurs

Les indices ont été tirés par les plus importantes valorisations de la cote, toutes issues du secteur de la tech, d’Apple (+3,28 %) à Alphabet (+4,11 %), en passant par Tesla (+9,35 %), Amazon (+2,32 %) ou Microsoft (+2,46 %).

Kellogg se scinde

Le champion américain du petit-déjeuner (+1,65 % à 68,86 dollars) va bientôt se diviser : Kellogg a annoncé une scission de ses activités en trois entreprises distinctes, avec une cotation en Bourse pour chacune d’entre elles.

Bayer débouté par la Cour suprême américaine

La Cour suprême des États-Unis a refusé mardi un appel de Monsanto, désormais propriété du groupe allemand Bayer (-2,05 % à Francfort), rendant définitive sa condamnation à verser 25 millions de dollars à un retraité qui impute son cancer au désherbant Roundup, ouvrant la porte à des indemnités de plusieurs milliards de dollars.

Du côté du pétrole et des devises

Le bitcoin reprenait son souffle mardi, après être descendu largement sous la barre des 20 000 dollars samedi, son plus bas niveau depuis décembre 2020. La première cryptomonnaie progressait de 2,91 % à 20 864 dollars, vers 20 h 50 GMT.  

Quant aux prix du pétrole, ils ont replis de la hauteur, soutenus par les perspectives d’une amélioration de la demande à court terme aux États-Unis et en Chine.

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en août a monté de 0,45 % à 114,65 dollars et celui de WTI américain pour livraison en juillet a pris 0,99 % à 110,65 dollars.

Sur le marché des changes, l’euro gagnait 0,22 % face au billet vert, à 1,0535 dollars.

Le yen a chuté mardi jusqu’à un nouveau plus bas depuis 24 ans face au dollar, à 136,70 yens pour un dollar, toujours lesté par la politique monétaire ultra-accommodante de la Banque centrale du Japon, face à celle beaucoup plus ferme de la Réserve fédérale américaine.