(New York) Les cours du pétrole ont conclu en forte baisse vendredi, plombés par les craintes de récession et des indicateurs décevants aux États-Unis, dans un contexte de resserrement des taux d’intérêt par les banques centrales.

Mis à jour le 17 juin
Agence France-Presse

Le baril de West Texas Intermediate (WTI) américain pour livraison en juillet est repassé sous la barre des 110 $ US pour la première fois en trois semaines. Il a perdu 6,82 % pour terminer à 109,56 $ US.

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en août, coté à Londres, a perdu 5,58 % à 113,12 $ US.

« Voilà de bonnes nouvelles pour les prix de l’essence », a relevé Andy Lipow, de Lipow Oil Associates.

La hausse des taux d’intérêt partout dans le monde va heurter le porte-monnaie des consommateurs et je pense que cela va conduire à une destruction de la demande et à des prix plus bas.

Andy Lipow, de Lipow Oil Associates

La Réserve fédérale américaine (Fed) a augmenté mercredi ses taux de 0,75 point de pourcentage, une mesure d’ampleur inédite depuis 1994, pour lutter contre l’inflation américaine qui atteint des niveaux records. Mais elle prend aussi le risque de provoquer un ralentissement de l’économie.

Les craintes d’une possible récession aux États-Unis et chez les pays grands consommateurs de brut ont donc pesé sur les cours.

Le prix du gallon d’essence à la pompe aux États-Unis a perdu presque 10 cents vendredi pour revenir à 5 $ US. « Je prévois que les prix de l’essence vont encore baisser de 5 cents US par gallon au cours des sept prochains jours », a affirmé M. Lipow.

Le WTI a dévissé de plus de 7 % depuis vendredi dernier et le Brent de la mer du Nord, de plus de 6 %, renouant respectivement avec leurs niveaux de prix de la fin de mai et du début de juin.

Production au ralenti

Un nouvel indicateur décevant aux États-Unis a ajouté à l’humeur maussade.

Le rythme de la production industrielle aux États-Unis a ralenti en mai, et ce, plus que prévu, selon les données publiées vendredi par la Banque centrale américaine (Fed), qui fait aussi apparaître une contraction de la production manufacturière.

Autre facteur baissier, la production pétrolière de la Libye se maintient à environ 700 000 barils par jour selon le Financial Times, malgré les heurts qui bousculent le pays en proie à une longue et grave crise politico-institutionnelle.

Une reprise importante, car le ministre libyen du Pétrole et du Gaz, Mohamed Oun, avait affirmé lundi à l’agence Bloomberg que la production du pays était actuellement amputée de 1,1 million de barils par jour, soit quasiment l’équivalent de sa production totale.

En 2021, la Libye, membre de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), a produit environ 1,2 million de barils par jour.