(New York) Les cours du pétrole ont bondi jeudi, à quelques heures d’un week-end férié qui va marquer le début de la saison des grands déplacements aux États-Unis et une montée en puissance de la demande de carburant.

Mis à jour le 26 mai
Agence France-Presse

Le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juillet a gagné 2,95 %, pour clôturer à 117,40 dollars.

Quant au baril de West Texas Intermediate (WTI) américain, également pour juillet, il a glané 3,40 %, à 114,09 dollars.

« Les données récentes ont montré une baisse des stocks américains de brut et d’essence alors que la demande est attendue en hausse dans les prochaines semaines avec l’arrivée de la saison des déplacements », a expliqué, dans une note, Susannah Streeter, de Hargreaves Lansdown.

Essence, surtout, mais aussi gazole et kérosène vont voir leur consommation monter en puissance, comme chaque année à cette époque.

L’utilisation massive des réserves stratégiques américaines depuis plusieurs semaines n’a pas permis de faire baisser les cours, qui demeurent supérieurs de plus de 70 % à leur niveau de l’an passé à la même époque.

« On ne va pas pouvoir tirer sur les stocks indéfiniment », prévient Andy Lipow, de Lipow Oil Associates. « À un moment donné, les prix vont devoir encore augmenter pour faire baisser la demande et ramener un équilibre mondial. »

Le prix du gallon d’essence (3,78 litres) a atteint un nouveau record historique jeudi, à 4,60 dollars, soit 11 % de plus qu’il y a un mois et 51 % de plus qu’il y a un an.

Les opérateurs n’attendent pas de soulagement de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et de ses alliés de l’accord OPEP+, dont la réunion se tiendra jeudi prochain.

Les membres de l’alliance devraient annoncer un nouveau relèvement de leur production identique aux mois précédents, soit 432 000 de barils par jour supplémentaires en juillet, selon l’agence Reuters, qui cite des sources concordantes.

Les pays de l’OPEP+, dont fait partie la Russie, ont jusqu’ici refusé d’accroître leur production à un rythme plus soutenu.

Pour ne rien arranger, « on voit déjà qu’ils sont en deçà de leurs objectifs actuels de plus de deux millions de barils par jour », souligne Andy Lipow, faute de capacités suffisantes dans plusieurs pays membres.

Les cours de l’or noir profitaient également du repli du dollar, devise dans laquelle sont libellés la plupart des achats de pétrole, ainsi que de l’absence de nouveaux développements dans les négociations pour aboutir à un embargo européen sur les importations de pétrole russe.