(New York) Les Bourses mondiales se sont repliées lundi, plusieurs indicateurs économiques ayant rappelé aux investisseurs la faible dynamique de l’activité dans les principales régions économiques du monde.  

Mis à jour le 16 mai
Agence France-Presse

Wall Street a conclu mitigée lundi, cherchant une direction pendant toute la séance : le NASDAQ a perdu 1,20 %, le S & P500 0,29 % tandis que le Dow Jones est parvenu à grappiller 0,08 %.

En Europe, Francfort a reculé de 0,45 %, Paris de 0,23 % et Milan de 0,06 %, alors que Londres a pris 0,63 %.

Par rapport aux dernières semaines, « il semble que le sujet principal soit passé de l’inflation et de la remontée des taux à la crainte d’une récession », a résumé Vincent Manuel, directeur des investissements au sein d’Indosuez Wealth Management.  

« Avant les actions baissaient et les taux obligataires montaient. Là, les actions baissent, mais les taux aussi », remarque-t-il.  

Les rendements sur les bons du Trésor américain à dix ans se rétractaient un peu à 2,88 % contre 2,91 % vendredi alors que le prix des obligations montait, car elles étaient plus recherchées. Cela reflétait la préoccupation des investisseurs vis-à-vis d’une possible récession.

En Europe, où les intérêts des emprunts à 10 ans des pays avaient nettement progressé en journée, ils ont finalement terminé en léger repli.  

Le tableau économique est sombre dans les trois grandes régions du monde, même si les raisons derrière le ralentissement sont différentes.  

Plombée par les confinements sanitaires, la Chine a vu sa consommation plonger, avec les ventes au détail en baisse 11,1 % sur un an en avril, et sa production industrielle faiblir (-2,9 % sur un an).

En Europe, l’inflation, accélérée par la guerre en Ukraine, a aussi poussé la Commission européenne à réduire drastiquement ses prévisions de croissance pour l’économie européenne.

Facteur inflationniste de plus, le cours du blé, déjà au plus haut depuis la guerre en Ukraine, a battu un nouveau record lundi à l’ouverture sur le marché européen, à 435 euros la tonne, après que l’Inde a décidé d’interdire les exportations de la céréale, face à une baisse de sa production.

Pour compléter le tableau guère reluisant, l’activité manufacturière de la région de New York s’est fortement contractée en mai, pour la troisième fois seulement depuis la reprise économique de l’été 2020. Les analystes anticipaient un ralentissement, mais pas un recul.  

Twitter poursuit sa glissade

Le titre de Twitter a plongé de 8,20 % à 37,38 dollars, tombant en dessous du niveau où il se trouvait quand Elon Musk a dévoilé avoir acquis une participation début avril.  

Le patron de Tesla a depuis formulé une offre à 54,20 dollars, valorisant le groupe quelque 44 milliards de dollar, avant de tergiverser.

Tesla a aussi perdu 5,88 %, et a chuté plus d’un tiers de sa valeur depuis la première participation d’Elon Musk dans Twitter.  

Renault et McDonald’s quittent la Russie

Acculé par les sanctions frappant la Russie, le constructeur automobile français Renault (-0,04 %), leader dans le pays avec la marque Lada qu’il avait redressée, a cédé ses actifs à l’État russe, première nationalisation d’ampleur depuis l’offensive contre l’Ukraine.

Le géant américain de la restauration rapide McDonald’s (-0,09 %), présent en Russie depuis plus de 30 ans, a annoncé se retirer définitivement du pays et vendre toutes ses activités.

Le bitcoin toujours sous les 30 000 dollars

Après un léger rebond, le bitcoin rechutait de 4,48 % à 29 630 dollars vers 19 h GMT, plombé par l’aversion au risque des investisseurs qui a poussé la première cryptomonnaie, et tout le secteur globalement, à un plus bas depuis fin 2020 jeudi.

Du côté du pétrole et de l’euro

Les cours du pétrole ont poursuivi leur remontée lundi, aiguillonnés par la levée progressive des restrictions sanitaires à Shanghai, les tensions sur l’offre d’essence, ainsi que l’annonce de la demande d’adhésion de la Suède à l’OTAN.

Le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juillet a terminé en progression de 2,41 %, à 114,24 dollars.

Quant au West Texas Intermediate (WTI) américain, avec échéance en juin, il a lui gagné 3,35 %, à 114,20 dollars, soit son plus haut niveau depuis quasiment deux mois (25 mars).

L’euro a résisté au dollar, s’appréciant légèrement vers 19 h GMT, de 0,24 % à 1,0437 dollar, non loin de son plus bas en cinq ans.