(New York) Les cours du pétrole se sont cabrés lundi, éperonnés par l’arrêt de deux sites de productions majeurs en Libye, sur un marché déjà orienté à la hausse par les discussions autour d’un embargo européen sur les exportations russes.

Publié le 18 avril
Agence France-Presse

Le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin a gagné 1,30 % pour finir à 113,16 dollars, son plus haut niveau en clôture depuis fin mars.

Quant au baril de West Texas Intermediate (WTI), principale variété américaine, avec échéance en mai, il a lui frôlé les 110 dollars en séance et pris 1,17 %, à 108,21 dollars.

« La préoccupation dans l’immédiat aujourd’hui, c’est la perte de 500 000 à 800 000 barils de brut libyen », a expliqué Robert Yawger, responsable des contrats à terme sur l’énergie chez Mizuho Securities. « On ne peut pas se permettre de perdre un seul baril en ce moment. »

La Compagnie pétrolière nationale de Libye (NOC) a annoncé samedi la fermeture du terminal de Zouetina (nord-est), sous la pression d’un groupe d’hommes considérés comme proches du gouvernement de l’est du pays, qui réclame à l’exécutif en place à Tripoli de lui céder le pouvoir avant la tenue d’élections.

À l’autre bout du territoire libyen, dans le sud-ouest, un autre groupe armé a obtenu l’arrêt des opérations sur le champ pétrolier d’al-Charara, qui assure environ un quart de la production libyenne d’or noir.

Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi, en 2011, des sites pétroliers libyens, puits ou terminaux, sont régulièrement contraints de fermer par des groupes armés qui en font ainsi un instrument de pression politique.

L’interruption d’une partie des exportations libyennes intervient dans un marché déjà tendu par la perspective d’un possible embargo européen sur les exportations russes.

L’Union européenne travaille bien à la suspension totale de ses achats de pétrole à la Russie, mais ne prévoit pas d’y parvenir avant « plusieurs mois », ont indiqué vendredi des sources européennes à l’AFP.

« C’est un grand bond en avant », a commenté Robert Yawger. « Cela pourrait faire encore monter les prix une fois les premiers détails annoncés. Ça retirerait beaucoup de barils du marché. »

Pour l’analyste, le pétrole était aussi orienté par la forte demande de produits distillés. Le fioul domestique a ainsi frôlé lundi aux États-Unis les 4 dollars le gallon (3,78 litres), seuil qu’il n’a plus atteint depuis début mars.