(New York) Les marchés européens et américains ont, une nouvelle fois, terminé jeudi sur des notes différentes, tiraillés entre le durcissement à venir de la politique monétaire américaine et la santé de l’économie aux États-Unis.

Mis à jour le 27 janvier
Agence France-Presse

L’Europe, après un net recul à l’ouverture, a clôturé dans le vert : Londres a gagné 1,13 %, Paris 0,60 %, Francfort 0,42 % et Milan 0,99 %.

À Wall Street, le Dow Jones a abandonné 0,02 %, l’indice NASDAQ, au fort parfum technologique, a lâché 1,40 %, et l’indice élargi S&P 500, 0,54 %.

En repli de 9,2 % depuis fin décembre, le S&P 500 menace d’enregistrer le pire mois de janvier de son histoire, le record actuel (-8,6 %) datant de 2009.

La Bourse de New York avait ouvert dans le vert après la publication d’un Produit intérieur brut (PIB) américain ayant affiché en 2021 la plus forte hausse (+5,7 %) depuis 1984. Sur le seul quatrième trimestre, il a progressé de 6,9 %, bien plus qu’attendu (5,6 %).

Pour Alexandre Baradez, analyste à IG France, ces chiffres sont cependant « passés et déjà intégrés dans les prix » des actions.

Mais les investisseurs ont été rattrapés par le spectre de la Banque centrale américaine, dont la trajectoire fait débat et alimente les fantasmes.

Mercredi, le président de la Fed Jerome Powell a confirmé que l’institution prévoyait un relèvement des taux directeurs en mars sans précision sur l’ampleur de la hausse envisagée.

Le ton « a été plus ferme que ce qu’attendaient certains », a expliqué Tom Cahill, de Ventura Wealth Management.

« Donc le marché se fait à l’idée que la Réserve fédérale ne va pas être aussi prompte à soutenir le marché qu’elle l’a été par le passé », a-t-il ajouté, la priorité étant clairement à la jugulation de l’inflation.

Tesla encore perturbé, la Tech contrastée

Tesla a prévenu que des perturbations sur les chaînes d’approvisionnement pourraient persister tout au long de l’année. Le groupe d’Elon Musk a néanmoins dégagé un profit record de 5,5 milliards de dollars en 2021. L’action a reculait de 11,55 %.

À Francfort, le géant allemand des logiciels SAP a plongé de 6,72 %, après avoir annoncé ses résultats et le rachat de la fintech américaine Taulia.

Du côté des semi-conducteurs, Intel (-7,04 %) a réalisé les meilleurs chiffres d’affaires trimestriel et annuel de son histoire l’an passé, mais ses prévisions ont déçu. STMicroelectronics a mieux résisté (+2,02 %), profitant de résultats meilleurs qu’attendu.

Netflix a bondi de 7,51 % après l’acquisition de 1 % des actions en circulation du groupe par la société d’investissement Pershing Square.

Pétrole et dollars se renforcent encore

Les cours du pétrole sont redescendus de leurs sommets jeudi, affectés comme le reste des matières premières par la montée du dollar.

Le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mars a terminé en baisse de 0,68 % à 89,34 dollars.

À New York, le baril de West Texas Intermediate (WTI) pour livraison le même mois a perdu 0,84 % à 86,61 dollars.

L’euro fléchissait encore, valant 1,1144 dollar (-0,85 %) vers 16 h 55, proche de son plus bas depuis début juin 2020.  

Le bitcoin perdait 0,88 % à 36 181 dollars.