(New York) Déjà fragilisées la semaine précédente, les Bourses européennes ont dévissé lundi tandis que Wall Street a, in extremis, tiré son épingle du jeu face aux tensions russo-américaines en Ukraine, à la veille d’une réunion de la Réserve fédérale américaine.

Mis à jour le 24 janvier
Agence France-Presse

L’Europe a chuté tous azimuts : Paris (-3,97 %), Francfort (-3,80 %), Milan (-4,02 %) et Londres (-2,63 %).  

Les Bourses nordiques ont également dévissé à Stockholm -3,86 %, Copenhague -3,45 %, Helsinki -4,37 % et Oslo -3,45 %.

À New York, Wall Street était en passe de connaître son pire mois de janvier de l’histoire, avec un Dow Jones en repli de 3 % et le NASDAQ en chute de 5 %, lorsqu’une heure avant la clôture, les investisseurs sont revenus en masse pour acheter à la baisse.

Le Dow Jones a ainsi pu terminer en hausse de 0,29 %. Le NASDAQ, à dominante technologique, a avancé de 0,63 % et le S&P 500 de 0,28 %.

« Le risque géopolitique accru aggrave l’anxiété des investisseurs et pèse sur les actifs à risque », notamment les actions liées aux matières premières, commente Craig Erlam, analyste chez Oanda.  

« La semaine pourrait être décisive pour les marchés, avec la réunion de la Réserve fédérale américaine mercredi, les gros résultats technologiques et les tensions continues à la frontière entre l’Ukraine et la Russie », poursuit-il.

L’OTAN a annoncé placer des forces en attente et envoyer des navires et des avions de combat pour renforcer ses défenses en Europe de l’Est sur fond de crainte d’une invasion russe en Ukraine.

Volant au secours des marchés financiers, la Banque centrale russe a annoncé la suspension de l’achat de devises étrangères, après une importante chute des indices boursiers du pays et du cours du rouble.

La Banque centrale américaine (Fed) se prépare quant à elle à relever ses taux directeurs pour lutter contre la flambée des prix, et décidera, lors de sa réunion mardi et mercredi, du rythme et de l’ampleur du mouvement.

À Wall Street le rebond de la dernière heure pour les indices « montre que le marché était survendu », a commenté Karl Haeling de LBBW.

De nombreuses actions vedettes sont tombées en séance à leur plus bas niveau de l’année, comme Twitter qui perdait plus de 7 % avant de terminer positive de 0,69 % à 35,06 dollars.

« C’est essentiellement pour cela que le marché a rebondi », a jugé Karl Haeling. « On avait épuisé les ventes mais je ne suis pas tout à fait sûr qu’on ait atteint un plancher », a-t-il indiqué estimant que la Bourse de New York devrait réagir « fortement dans un sens ou dans l’autre après la Fed » mercredi.

L’aérien en zone de turbulences

La place britannique était notamment pénalisée par le secteur aérien alors que le gouvernement a annoncé lundi que les compagnies aériennes devraient utiliser à partir de l’été 70 % de leurs créneaux de décollage et d’atterrissage au Royaume-Uni pour ne pas les perdre, contre 50 % aujourd’hui. IAG, maison mère de British Airways et Iberia, a reculé de 6,54 % à 147,48 pence et Easyjet de 5,32 % à 594,80 pence. À Dublin, Ryanair a perdu 3,27 % à 16,10 euros.  

En Allemagne, Lufthansa a chuté de 5,05 % à 6,56 euros après l’information du journal italien Il Foglio, selon lequel elle devrait prendre une participation de 40 % dans la compagnie nationale italienne ITA Airways, née des cendres d’Alitalia. Lufthansa, associée au groupe de transport maritime italien MSC, a proposé d’acquérir la majorité d’ITA Airways, a-t-elle confirmé à l’AFP.  

Baisse du pétrole, de l’euro et du bitcoin

Les cours du pétrole fléchissaient lundi, plombés par l’aversion au risque.

Le prix du baril de WTI américain pour livraison en mars a reflué de 2,14 % à 83,31 dollars et celui du baril de Brent de la mer du Nord à même échéance a perdu 1,84 % à 86,27 dollars.

Peu avant 22 h GMT, l’euro s’échangeait pour 1,1324 dollars (-0,18 %).