(Londres) Le cours du pétrole de Brent regagnait jeudi de nouveaux sommets sur sept ans dans un marché toujours inquiet d’une offre limitée malgré une augmentation inattendue des réserves commerciales de pétrole brut aux États-Unis.

Mis à jour le 20 janvier
Agence France-Presse

Vers 12 h 30, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour échéance en mars prenait 0,40 % à 88,79 dollars.  

À New York, le baril de West Texas Intermediate (WTI) pour livraison en février grappillait 0,45 % à 86,19 dollars.  

Le Brent a atteint 89,50 dollars le baril quelques minutes plus tôt, un nouveau record depuis octobre 2014. Le WTI a quant à lui grimpé jusqu’à 87,82 dollars, frôlant son plus haut depuis 7 ans atteint la veille (87,91).

Les réserves commerciales de pétrole brut aux États-Unis ont pourtant légèrement augmenté la semaine dernière après sept semaines de repli.

Selon les chiffres publiés mercredi par l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA), les stocks de brut se sont accrus de 500 000 de barils, là où les analystes attendaient une baisse de 1,75 million de barils.

Mardi, l’American Petroleum Institute (API), dont les données sont réputées moins fiables que celles de l’EIA, avait également fait état d’une hausse des réserves de pétrole américaines.

Mais cela n’a pas empêché les investisseurs de faire repartir les prix à la hausse. La hausse des réserves commerciales s’explique notamment par l’utilisation par l’administration Biden des stocks stratégiques du pays. Le marché ne semblait cependant pas retenir ces chiffres, qui ont en effet fondu de 1,3 million de barils.

La Maison-Blanche a commencé fin novembre à céder une partie de ces réserves sur le marché pour tenter de peser à la baisse sur les prix des carburants.

Avec une hausse de 14 % pour le Brent et de 16 % pour le WTI depuis le début de l’année, la soif de brut du marché est loin d’être étanchée.

Certains producteurs de l’OPEP+ (Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses partenaires) peinent à atteindre leurs objectifs d’extraction.

Et aux États-Unis, les producteurs de pétrole de schiste ont moins investi pendant les mois de vache maigre de la pandémie, rappelle Edoardo Campanella, analyste chez UniCredit.

Mais grâce à la courte durée de leur cycle de production, ces derniers « vont retrouver leur rôle de producteurs pivots, qui ouvrent leurs robinets quand les prix rendent leur activité rentable et les ferment quand ce n’est plus le cas », estime-t-il.