(New York) Wall Street a encore cédé du terrain mercredi, mais les marchés actions européens ont rebondi, aidés par des résultats d’entreprises bien accueillis par les investisseurs même si la pression des taux sur les indices demeure forte.

Mis à jour le 19 janvier
Agence France-Presse

La Bourse de New York qui avait pourtant commencé dans le vert, n’a pas tenu la distance et terminé en nette perte, le NASDAQ entrant dans une zone de correction.

L’indice Dow Jones a lâché 0,96 % et le S&P 500 0,97 % tandis que le NASDAQ s’est délesté de 1,15 %. Cela fait perdre à l’indice à dominante technologique plus de 10 % depuis son niveau record d’il y a deux mois.

En Europe, Paris a pris 0,55 %, Francfort 0,24 % et Londres 0,35 %.

« Les préoccupations relatives à l’inflation et aux taux d’intérêt ne sont pas prêtes de disparaître », affirme Craig Erlam, analyste d’Oanda.

Dans les économies occidentales, l’accélération de la hausse des prix bat des records vieux de 30 ans, par exemple au Royaume-Uni (5,4 % en 2021) et au Canada (4,8 % sur un an en décembre), selon les chiffres publiés mercredi.

Pour l’endiguer, le cycle de normalisation des politiques monétaires a été enclenché : les banques centrales occidentales ont commencé à réduire progressivement les apports de liquidités injectées pour soutenir les marchés face à la crise sanitaire.

La prochaine étape consistera à relever les taux directeurs. Certains acteurs de marché se préparent ainsi à une première remontée des taux de la Réserve fédérale américaine (Fed) en mars, de 50 points de base, qui serait la plus importante depuis 2000. Ils tablaient initialement sur une ampleur moitié moindre.

Dans ce contexte, les rendements de la dette américaine sont au plus haut depuis le début de la pandémie : celui à maturité deux ans évoluait à 1,05 %, tandis que celui à dix ans s’établissait à 1,85 %.  

Le taux d’emprunt à dix ans de l’Allemagne est lui brièvement repassé en territoire positif, pour la première fois depuis mai 2019.  

Les obligations « offrent à nouveau, lentement mais sûrement, une alternative aux actions. Si la tendance se poursuit, le marché des actions pourrait connaître un sérieux coup de frein », commente Jürgen Molnar, analyste pour Robomarkets.

Escalade des cours du brut

Entretenant la pression inflationniste, les cours du pétrole ont poursuivi leur course en avant, frôlant les 90 dollars pour le baril de Brent, un plus haut depuis octobre 2014.

Le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour échéance en mars a gagné 1,06 % pour terminer à 88,44 dollars, à Londres.

Il a même atteint en séance 89,17 dollars le baril, un nouveau record depuis octobre 2014.

À New York, le baril de West Texas Intermediate (WTI) pour livraison en février a pris 1,79 % pour clôturer à 86,96 dollars. Depuis fin 2021, le WTI a engrangé 15 %.

Splendeur du luxe

Porté notamment par la joaillerie, le géant suisse Richemont a publié des ventes trimestrielles supérieures aux prévisions. Dans son envol (+5,15 % à 141,00 francs suisses), le titre entraînait d’autres valeurs du luxe. À Paris, LVMH a pris 3,67 %, Kering 1,96 % et Hermès 2,39 %.

À Londres, l’action Burberry a bondi de 6,32 % à 1867 pence après l’annonce de prévisions de bénéfices encourageantes.

Examen réussi pour Bank of America et Morgan Stanley

Bank of America et Morgan Stanley, dernières des grandes banques américaines à publier leurs résultats, ont été mieux servies que leurs concurrentes par les investisseurs : la première est montée de 0,39 % à 46,44 dollars, l’autre de 1,83 % à 95,73 dollars. Les publications décevantes les jours précédents de JPMorgan et Goldman Sachs, encore en baisse mercredi, avaient mis le secteur sous pression.

Les annonces de UnitedHealth (+0,33 % à 462,52 dollars) et de Procter & Gamble (+3,36 % à 162 dollars) ont aussi satisfait les courtiers.

Du côté des devises

L’euro montait de 0,16 % par rapport au billet vert, à 1,1343 dollar peu avant 22 h GMT.

La livre britannique s’est stabilisée face à l’euro, à 83,31 pence pour un euro, après un nouveau record depuis février 2020, galvanisée par les perspectives de resserrement monétaire par la Banque d’Angleterre (BoE) après les nouveaux chiffres de l’inflation.  

Le bitcoin reculait de 1,45 % à 41 780 dollars.