(New York) Les cours du pétrole ont enregistré une seconde séance de baisse consécutive lundi, le marché laissant échapper un peu de pression avec la stabilisation de la situation au Kazakhstan et une augmentation de la production libyenne.

Mis à jour le 10 janvier
Agence France-Presse

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mars, contrat le plus échangé à Londres, a cédé 1,07 %, pour clôturer à 80,87 dollars.

À New York, le baril de West Texas Intermediate (WTI), avec échéance en février, a lui lâché 0,84 % et terminé à 78,23 dollars.

Lundi, le président du Kazakhstan, Kassym-Jomart Tokaïev, a assuré que « l’ordre constitutionnel (avait) été rétabli » dans le pays, après plusieurs journées de heurts, la semaine dernière, entre manifestants et forces de l’ordre.

Ces troubles ont fait plusieurs dizaines de morts civils, même si aucun bilan officiel n’a été publié autre que les 16 tués au sein des forces de l’ordre.

Dimanche, le géant américain Chevron, qui exploite le principal gisement du pays, Tengiz (l’équivalent de plus de 25 milliards de barils enfoui sous terre), a annoncé que la production retrouvait progressivement son niveau habituel.

L’exploitation du champ avait été légèrement réduite par l’intervention de sympathisants du mouvement de protestation, qui avaient perturbé la circulation de trains provenant et à destination de Tengiz.

En Libye, après l’achèvement de travaux de maintenance d’un oléoduc qui relie les champs d’Al-Samah et Al-Dahra à Sidra, principal terminal pétrolier du pays, la production nationale est remontée de 200 000 barils par jour par rapport à la semaine dernière, ce qui a aussi soulagé les cours du brut.

« Il y a aussi le contexte macroéconomique aux États-Unis, avec les craintes sur la trajectoire de la Fed » (Banque centrale américaine), a souligné John Kilduff, de la firme de conseil en investissement Again Capital.

« On a des vents contraires », a-t-il ajouté, « avec les marchés actions qui baissent fort, et c’est aussi un facteur pour la demande de pétrole, qui pourrait finir par baisser aussi. »

« Si on se rappelle de la façon dont les prix ont monté la semaine dernière, le coup de mou est assez limité, sachant que le marché est toujours censé être tendu au premier trimestre », a fait valoir, dans une note, Edward Moya, analyste d’Oanda.

Conséquence, le marché se trouve actuellement en situation de « backwardation », ce qui signifie que les prix sur le marché physique, pour livraison immédiate, sont supérieurs à ceux du principal contrat à terme et des échéances plus lointaines.

C’est le résultat d’un marché en déséquilibre actuellement, avec des opérateurs qui s’attendent à une meilleure adéquation entre offre et demande plus tard dans l’année.

Ce déséquilibre entraîne les stocks à la baisse, ce qui soutient les prix, en particulier dans un contexte où les réserves étaient déjà inférieures à leur niveau moyen habituel. « C’est dissuasif pour ceux qui stockent du pétrole », explique John Kilduff. « Vous perdez de l’argent. »