(New York) La Bourse de New York a terminé en forte progression jeudi, portée par un rebond technique et des achats à bon compte, mais nervosité et volatilité restent de mise faute de données cliniques sur le variant Omicron du coronavirus.

Mis à jour le 2 déc. 2021
Agence France-Presse

Le Dow Jones a gagné 1,82 % à 34 639,79 points, l’indice NASDAQ, influencé par les valeurs technologiques, 0,83 % à 15 381,31 points et l’indice élargi S&P 500, 1,42 % à 4577,34 points.

Après avoir démarré en ordre dispersé, les indices new-yorkais ont résolument grimpé. Tous les secteurs ont terminé dans le vert, avec une mention spéciale pour l’industrie et la finance.

L’annonce, lundi, par le président de la Banque centrale américaine (Fed), Jerome Powell, d’une possible normalisation monétaire accélérée laisse présager d’une prochaine hausse de taux. Elle permettrait aux banques de restaurer leurs marges.

Quant à l’industrie, elle a été tirée par le secteur aérien, en particulier Boeing (+7,54 % à 202,38 dollars), prisé après l’annonce de l’autorité de régulation chinoise que son 737 MAX devrait être prochainement autorisé à voler en Chine.

Pékin avait interdit de ciel chinois l’appareil en mars 2019, après l’écrasement du 737 MAX d’Ethiopian Airlines.

Les deux secteurs pesant plus de 20 % du Dow Jones, leur belle séance explique que l’indice phare de la Bourse de New York se soit mieux comporté que NASDAQ ou S&P 500.

« Il n’a pas fallu longtemps aux investisseurs pour en revenir aux achats à bon compte », a commenté, dans une note, Edward Moya, analyste d’Oanda.

Le fait que le S&P 500 ait atteint mercredi un seuil technique à la baisse a aussi offert au marché le support pour un rebond, a expliqué Terry Sandven, responsable de la stratégie actions pour US Bank Wealth Management.

Au-delà de ces éléments techniques, « il n’y a pas de raison apparente » à cette escapade haut dans le vert.

Ainsi, « je ne tirerais aucune conclusion de la hausse d’aujourd’hui », a prévenu le responsable. Compte tenu des incertitudes qui planent toujours sur les effets potentiels sur l’économie du nouveau variant Omicron, il est « probable que la volatilité demeure plus élevée que la moyenne jusqu’à la fin de l’année et début 2022 ».

Le marché obligataire continuait d’avoir la faveur des investisseurs fuyant les actifs à risque, le taux moyen des emprunts d’État à 10 ans restant inchangé par rapport à la veille, à 1,43 %, contre 1,69 % il y a une semaine.

Signe que le marché se prépare de plus en plus ostensiblement à au moins une hausse de taux en 2022, le rendement des obligations d’État à deux ans évoluait lui près de son plus haut niveau depuis le début de la pandémie (0,65 %), à 0,61 %.

Symbole de la tension qui règne chez les investisseurs, toutes les valeurs qui touchent de près ou de loin au tourisme ont encore fait l’élastique, après deux séances dans le rouge.

Les compagnies aériennes American Airlines et Delta Air Lines ont respectivement bondi de 7,00 % et 9,33 %, tandis que le croisiériste Carnival a glané 9,28 %.

Plombé par des rumeurs de sortie de la cote, le géant du commerce en ligne Alibaba est descendu, en séance, à son plus bas depuis deux ans et demi, avant de se reprendre un peu (-0,40 % à 122,00 dollars).

Pour sa première journée de cotation, la plateforme singapourienne de réservation de véhicules avec chauffeurs (VTC) Grab a connu un parcours mouvementé.

Après avoir ouvert autour de 13 dollars, le titre a lâché plus de 30 %, pour finir à 8,75 dollars, ce qui valorise le « Uber du Sud-Est asiatique » environ 34 milliards de dollars.

Le spécialiste des services de paiement Square a atteint son plus bas niveau depuis six mois (-1,21 % à 192,15 dollars), son changement de nom, annoncé mercredi soir, n’ayant pas d’effet sur le cours.

Le prix de l’action n’avait pas non plus bénéficié de l’annonce, lundi, du départ de Jack Dorsey de Twitter, l’autre groupe que dirigeait le patron de Square, qui va être rebaptisé Block.

Les investisseurs ont surtout retenu le report sine die de l’assemblée générale extraordinaire d’Afterpay, qui devait entériner le rachat par Square du spécialiste australien des paiements à crédit sur l’internet pour 29 milliards de dollars, initialement annoncé début août.

Le géant Kroger, deuxième plus important distributeur alimentaire aux États-Unis après Walmart a surfé sur des résultats supérieurs aux attentes (+11,04 % à 44,65 dollars)

Toronto clôture en hausse

La Bourse de Toronto a grimpé jeudi de près de 1,5 %, enregistrant sa meilleure séance en 10 mois grâce à une reprise généralisée malgré l’incertitude entourant l’impact du plus récent variant du virus de la COVID-19.

L’indice composé S&P/TSX du parquet torontois a gagné 197,43 points pour clôturer la journée avec 20 762,03 points. Il s’agissait de son meilleur gain en une seule séance depuis le 1er février.

Les marchés ont fortement rebondi après leur effondrement de mercredi, survenu après l’annonce du premier cas confirmé du variant Omicron aux États-Unis.

« Les jours de baisse sont induits par les manchettes, et les jours de hausse semblent s’appuyer davantage sur les données », a observé Kevin Headland, costratège en chef des placements chez Gestion de placements Manuvie.

Le variant Omicron restera une préoccupation jusqu’à ce qu’il y ait des informations concrètes de la part des fabricants de vaccins, a-t-il estimé. Cependant, les premières informations suggèrent que les personnes vaccinées présentent des symptômes bénins.

« Il y a eu une réaction instinctive (mercredi) à l’annonce des nouveaux cas », a-t-il fait valoir lors d’une entrevue.

M. Headland a indiqué que les données fondamentales restaient assez solides. Les entreprises qui surpassent les attentes sont récompensées, tandis que les grosses manchettes entraînent des « hoquets à court terme ».

Aucun des 11 secteurs de la Bourse de Toronto n’a cédé du terrain jeudi, neuf d’entre eux ayant même enregistré des gains d’au moins 1 %.

Le secteur de la finance, qui représente environ 30 % du marché torontois, a avancé de 2,2 %.

La Banque TD a montré la voie, son action s’étant emparée de 4,9 % après la publication de solides résultats trimestriels qui ont surpassé les attentes. La banque a en outre annoncé une hausse de son dividende.

Le groupe de l’énergie a progressé de 1,4 % alors que les prix du pétrole brut se sont redressés dans la foulée de leur récente faiblesse. L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et ses alliés ont confirmé jeudi qu’ils s’en tiendraient à leur plan consistant à ajouter 400 000 barils par jour à leur production en janvier.

Sur le marché des devises, le dollar canadien s’est négocié au cours moyen de 78,03 cents US, son plus faible niveau en 10 semaines. Il s’était négocié la veille au cours moyen de 78,27 cents US.

La Presse Canadienne