(New York) Les cours du pétrole ont terminé en hausse lundi, aiguillonnés par l’incertitude autour de la réouverture des plateformes et raffineries de Louisiane et du Golfe du Mexique après le passage de l’ouragan Ida.

Agence France-Presse

Le baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en octobre, a clôturé à Londres en hausse de 0,97 % ou 71 cents, à 73,41 dollars.

À New York, le contrat de même échéance pour le baril américain de WTI a lui gagné 0,68 % ou 47 cents à 69,21 dollars.

Après s’être affiché dans le rouge en début de séance, les opérateurs réagissant à de premières informations faisant état de l’impact relativement limité d’Ida sur les infrastructures pétrolières, le marché a cédé à la fébrilité.

Selon les derniers chiffres publiés lundi par le Bureau de régulation de l’environnement et de la sécurité (BSEE), les arrêts et évacuations d’installations situées dans le Golf du Mexique privaient toujours la région de près de 95 % de sa production.

« Il semble que toutes les plateformes offshore n’aient subi que des dégâts limités », a rapporté Andy Lipow, du cabinet Lipow Oil Associates, basé à Houston, non loin de la Louisiane.

Pour autant, ces installations acheminent traditionnellement le produit de leur extraction vers des cuves de stockage à terre « qui se trouvent dans des zones à faible élévation » par rapport au niveau de la mer, donc susceptibles d’avoir été inondées, a prévenu le consultant.

« Les opérations d’urgence n’en sont qu’à leurs débuts », a rappelé Andy Lipow, « donc nous n’avons que très peu d’informations quant à l’étendue des dégâts ».

Le marché s’inquiète aussi de l’état des raffineries de la région, dont certaines se trouvaient sur le passage d’Ida. Quelque 12 % de la capacité de raffinage des États-Unis étaient encore à l’arrêt lundi, a indiqué Andy Lipow.

Sollicité par l’AFP, le groupe pétrolier ExxonMobil a indiqué que ses installations « n’avaient pas connu de dommages significatifs durant la tempête ». Il n’a pas, pour autant, indiqué quand elles seraient de nouveau opérationnelles à 100 %.

Le groupe Marathon Petroleum a lui expliqué être en cours d’élaboration d’un calendrier de reprise pour sa raffinerie de Garyville, située immédiatement à l’ouest de La Nouvelle-Orléans et qui avait été arrêtée avant l’arrivée d’Ida.

À Belle Chasse, dans la banlieue sud de La Nouvelle-Orléans, le pétrolier américain Phillips 66 évaluait lundi l’état de sa raffinerie Alliance Refinery, qu’il avait mis en sommeil samedi.

L’incertitude demeurait quant au rétablissement du courant en Louisiane, où environ un million de foyers étaient encore privés d’électricité lundi.

« Parfois (les raffineries) produisent leur propre électricité, mais souvent, elles en achètent tout ou partie à une compagnie locale », a expliqué Andy Lipow.

Or, lundi, la principale compagnie locale, Entergy, dont plus de 800 000 clients ne sont plus alimentés, n’avait toujours pas officiellement déterminé la cause exacte de cette coupure géante, un diagnostic préalable à un rétablissement à grande échelle.