(New York) Les prix du pétrole ont chuté lundi, trahissant les inquiétudes sur la demande de pétrole en Chine alors que la COVID-19 et les restrictions qui l’accompagnent gagnent du terrain dans le pays et que les données économiques déçoivent.

Agence France-Presse

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en octobre a reculé de 1,52 % ou 1,08 dollar à Londres par rapport à la clôture de vendredi, à 69,51 dollars. Il a lâché presque 3 % en séance.

À New York, le baril américain de WTI pour le mois de septembre a perdu dans le même temps 1,68 % ou 1,15 dollar à 67,29 dollars.

Les deux cours de référence du brut ont déjà enregistré deux séances consécutives de baisse jeudi et vendredi.

Le Bureau national des statistiques (BNS) en Chine a partagé lundi les derniers chiffres de la production industrielle, qui s’est affichée en juillet en hausse de 6,4 % sur un an, un repli plus important que prévu.

Les ventes au détail en Chine ont connu en juillet leur plus faible progression depuis le début de l’année, une situation liée entre autres à « la propagation de l’épidémie » dans le pays, selon le BNS.  

Elles se sont inscrites en hausse de 8,5 % quand le marché attendait +10,9 %, a souligné Bart Melek, directeur de la stratégie matières premières chez TD Commodities. Le taux de chômage a aussi légèrement augmenté à 5,1 %.

« La dynamique a complètement changé, on n’est plus aussi optimiste que nous ne l’étions sur la demande » d’or noir, a indiqué Bart Melek.  

« Les marchés jettent un regard méfiant sur l’évolution de la situation sanitaire en Chine », rapportait pour sa part Jeffrey Halley, analyste de Oanda, et ces données « alimentent l’inquiétude générale sur le ralentissement de la reprise » du deuxième consommateur et premier importateur de brut au monde.

Le pays a fait état lundi de 51 nouveaux cas, ce qui préoccupe les autorités pour qui l’objectif est le « zéro-infection ».  

Cette approche met en place d’importantes mesures de confinement et de restrictions aux déplacements qui pèsent sur l’activité économique.

La Chine, qui avait largement maîtrisé l’épidémie de COVID-19 depuis le printemps 2020, fait face depuis le mois dernier à un regain de contaminations sur son sol.

La situation en Afghanistan, où les forces talibanes ont repris le pouvoir, et les considérations géopolitiques, étaient à l’esprit des investisseurs même si elles influençaient peu le marché.

« Je ne vois pas beaucoup de signes que les marchés réagissent de manière excessive. L’Afghanistan est une petite économie », a indiqué Bart Melek.

« S’il y a un impact, il est probablement faible et il est plus en rapport avec des considérations géopolitiques liées à l’engagement des États-Unis vis-à-vis de ses alliances » comme Taïwan, suggérait l’analyste.