(New York) Les actions chinoises repartaient à la baisse à Wall Street vendredi, ébranlées par les restrictions réglementaires chinoises et de nouvelles mesures de la SEC, gendarme de la bourse américaine.

Agence France-Presse

À la mi-séance, Didi, le « Uber chinois », qui avait démenti la veille l’hypothèse d’une sortie de la Bourse de New York, perdait 2,42 % redescendant sous les 10 dollars, alors que son titre en valait 16 à son entrée en bourse il y a un mois.  

Le géant du commerce électronique Alibaba lâchait 1,10 % à 195,35 dollars et celui de l’internet Baidu perdait 2,20 %.

La valorisation des groupes chinois cotés à Wall Street a dégonflé depuis début juillet au rythme des contraintes règlementaires annoncées par Pékin.

Sécurité des données personnelles

Les autorités se montrent particulièrement intransigeantes sur les questions de la sécurité des données personnelles, traitées par ces poids lourds du secteur technologique.

Didi fait ainsi l’objet, depuis son entrée en Bourse à laquelle Pékin ne semblait pas favorable, d’une enquête chinoise en lien avec sa collecte de données privées.

Vendredi, les autorités chinoises ont aussi convoqué une vingtaine de start-up, dont les géants de l’internet Alibaba, Tencent et Didi, pour un rappel à l’ordre sur leurs pratiques de sécurité des données personnelles notamment.

De son côté, l’autorité boursière américaine, la SEC, a annoncé vendredi un durcissement des demandes d’informations auprès des groupes chinois cotés à Wall Street.

« Les entreprises chinoises ne pourront pas entrer en bourse aux États-Unis à moins qu’elles ne divulguent davantage d’information, selon le président de la SEC Gary Gensler », relevait dans une note Karl Haeling, directeur à la division Capital Market de LBBW.

Les entreprises chinoises, et les startups technologiques en particulier, subissent déjà une pression croissante de la part de leur propre gouvernement. Maintenant, elles sont aussi pressées par les autorités américaines.

Karl Haeling, directeur à la division Capital Market de LBBW.

La SEC demande notamment désormais aux groupes chinois de communiquer la position des autorités chinoises quant à leur cotation sur un marché étranger. Les sociétés doivent ainsi mentionner toute réserve du régulateur quant à une introduction à Wall Street, et il y a des « risques » que le feu vert de la SEC soit « refusé ou retiré ».

« Il est fort probable qu’on ne verra pas d’introductions en Bourse (IPO) chinoises pendant un bon bout de temps », a ajouté l’expert de LBBW.