(Paris) Le message rassurant de la Fed, couplé à des publications de résultats bien orientées et à une stabilisation de la situation en Chine, ont permis aux Bourses européennes de poursuivre leur marche en avant jeudi.

Agence France-Presse

De Paris (+0,37 %) à Francfort (+0,45 %) en passant par Londres (+0,88 %) et Milan (+1,01 %), les principales places européennes ont de nouveau progressé.

La bonne humeur était également de mise à Wall Street où vers 17 h 20 GMT, le Dow Jones gagnait 0,60 %, le S&P 500 progressait de 0,63 % et le NASDAQ de 0,36 %.

La réduction du soutien monétaire de la Fed « arrive mais elle ne sera pas précipitée, un équilibre qui convient aux marchés », résume Craig Erlam, analyste d’Oanda.

La Banque centrale américaine a en effet gardé mercredi sa ligne très accommodante, sans s’engager sur un calendrier de retrait des mesures de soutien.

« Je pense que c’était une issue raisonnable et escomptée, c’est pourquoi les marchés n’ont pas réagi » outre mesure, selon M. Erlam.

Cela reste « une évolution positive », poursuit-il, « d’où des actions en légère hausse » et « un dollar un peu plus faible ».

Dans l’immédiat, la publication d’une croissance américaine moins forte qu’attendu au deuxième trimestre venait plutôt conforter le message de la Fed, selon laquelle il faut que l’économie soit tirée d’affaire avant d’envisager un quelconque resserrement monétaire.

Par ailleurs, les inscriptions hebdomadaires au chômage ont baissé aux États-Unis, après une hausse la semaine précédente, un rythme en dents de scie qui met en avant les difficultés qu’a le marché du travail à se relever de la crise provoquée par la COVID-19.  

L’accalmie est en outre revenue sur les Bourses chinoises, qui avaient sévèrement dévissé ces dernières séances après un tour de vis réglementaire de Pékin contre plusieurs secteurs. La presse officielle en Chine a en effet tenté de rassurer jeudi.

Désormais, les investisseurs peuvent « de nouveau se focaliser sur la saison des résultats », qui ont « jusqu’à présent été très impressionnants » aux États-Unis, notamment pour les géants de la tech, poursuit M. Erlam.

Après Google, Microsoft, Alphabet et Facebook, c’est Amazon qui est attendu après la clôture de Wall Street.

Côté statistiques, la hausse des prix à la consommation en Allemagne a bondi en juillet, à 3,8 % sur un an, un plus haut depuis l’été 2008.

Aux États-Unis, les promesses de ventes de logements ont reculé plus que prévu en juin, les acheteurs étant moins enclins à acheter à cause des prix désormais très élevés.

Désillusion pour Robinhood

L’action de la plate-forme de courtage a débuté en nette baisse jeudi pour sa première journée de cotation à la Bourse électronique américaine NASDAQ.

Après un début de cotation à 38 dollars, le titre s’inscrivait en repli de 5,32 % à 35,98 dollars vers 17 h 05 GMT.  

Bayer se prépare à d’éventuelles poursuites

Le géant allemand de l’agrochimie (+1,27 % à 51,16 euros), propriétaire de Monsanto, a annoncé jeudi qu’il allait enregistrer une provision supplémentaire d’un montant brut de 4,5 milliards de dollars, pour faire face aux conséquences potentielles de poursuites liées au glyphosate devant la justice américaine.

Du changement au sein de Danone 

Danone a été propulsé en tête du CAC 40 (+6,45 % à 60,86 euros) après avoir annoncé que la plupart des membres de son conseil d’administration quitteraient leurs fonctions d’ici à 2023, dont l’ex-PDG Franck Riboud, quelques mois après l’éviction de son successeur Emmanuel Faber.  

Son principal concurrent, Nestlé, qui a relevé son objectif annuel de croissance, a cédé 0,37 % à 113,70 francs suisses.  

Les minières et pétrolières au beau fixe

Le géant des hydrocarbures Royal Dutch Shell est monté de 3,90 % à 1438,00 pence à Londres tandis qu’à Paris, TotalEnergies prenait 2,17 % à 37,51 euros. Les deux majors sont ressorties dans le vert au deuxième trimestre après de lourdes pertes l’année dernière, profitant du fort rebond des prix du pétrole.  

Le groupe minier Anglo American a bondi pour sa part de 5,36 % à 3293 pence après des résultats record au premier semestre, portés par la hausse des cours du palladium et du minerai de fer.

Vers 17 h 15 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre gagnait 1,26 % à 74,80 dollars à Londres par rapport à la clôture de la veille.

À New York, le baril de WTI pour le même mois progressait de 1,24 % à 73,29 dollars.

Du côté du bitcoin et de l’euro

Dans le même temps, l’euro prenait 0,34 % face au billet vert, à 1,1885 dollar.

Le bitcoin repartait à la baisse (-0,74 % à 39 839 dollars).