(Londres) Divisés, les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et leurs alliés via l’accord OPEP+ ont décidé jeudi de reporter au lendemain leur sommet visant à fixer les quotas de production à partir du mois d’août.

Benoît PELEGRIN Agence France-Presse

Le sommet de l’OPEP+ a été « ajourné » et se tiendra vendredi à 14 h 30 GMT (16 h 30 à Paris et à Vienne, au siège de l’organisation), a annoncé l’organisation dans un communiqué.

Après un sommet des treize membres historiques emmenés par l’Arabie saoudite, l’alliance scellée en 2016, qui compte en plus les dix membres conduits par la Russie, s’est réunie pour une réunion technique (JMMC).

C’est cette dernière qui n’a pas été menée à son terme, les pays producteurs préférant la reprendre vendredi à 13 h GMT, toujours selon l’OPEP.

Si le dernier sommet avait été bouclé en un temps record, ce genre de report n’est pas exceptionnel. Il s’était d’ailleurs produit en janvier et un accord avait été trouvé dès le lendemain.

Les cours du brut ne réagissaient que très modérément à cet accroc et poursuivaient leur hausse, cependant de moindre ampleur qu’en milieu de journée.

Équation complexe

L’alliance était attendue jeudi sur le niveau de sa production à compter du mois d’août, voire au-delà.

L’agence financière Bloomberg, citant une source anonyme, évoquait plus tôt dans la journée le retour d’un volume de 2 millions de barils par jour d’ici fin 2021, à raison de 400 000 barils par jour chaque mois, une option qui n’a donc pas été actée jeudi.

Cette stratégie s’inscrirait pourtant dans la continuité de la politique du cartel menée depuis le mois de mai : rouvrir petit à petit le robinet d’or noir après l’avoir serré de manière très forte au début de la pandémie face à une demande moribonde.

L’OPEP+ fait face à une équation complexe, partagé entre une reprise de la demande bien réelle mais qui reste fragile et des prix élevés, qui entraînent la grogne de certains gros importateurs comme l’Inde.

Les deux références du pétrole brut, le Brent et le WTI, oscillent en ce moment aux alentours de 75 dollars, soit une hausse impressionnante de 50 % depuis le 1er janvier qui signe un retour au niveau d’octobre 2018.

Mais l’équilibre entre offre et demande fait face à deux vents contraires majeurs.

À court terme, la propagation du très contagieux variant Delta de la COVID-19, qui pousse plusieurs pays dont l’Australie à mettre en place de nouvelles mesures de restrictions de déplacement des biens et des personnes, est un handicap important à la consommation d’or noir.

À moyen terme, le retour sur le marché de la production iranienne. Actuellement hors jeu du fait de l’embargo qui pèse sur son industrie pétrolière, Téhéran pourrait revenir dans la course si les discussions internationales sur le nucléaire aboutissaient.