(New York) Le NASDAQ, indice à forte coloration technologique de Wall Street, a clôturé mercredi à un record pour la deuxième séance de suite, tenant bon malgré le ralentissement du rebond boursier du début de semaine.

Agence France-Presse

Le NASDAQ a pris 0,13 % à 14 271,73 points.

Le Dow Jones a en revanche baissé de 0,21 % à 33 874,24 points et l’indice élargi S&P 500 a abandonné 0,11 % à 4241,84 points.

Malgré le coup de frein de mercredi, le marché reste sur une dynamique positive depuis le début de la semaine, ayant pour l’heure mis de côté les inquiétudes sur le rythme de la hausse des prix aux États-Unis.

La semaine dernière, les investisseurs avaient réagi avec circonspection au ton moins accommodant de la Banque centrale américaine (Fed), qui a revu à la hausse ses estimations d’inflation en 2021.

Mais le président de la Fed, Jerome Powell, et d’autres responsables de l’institution ont rectifié le tir, rappelant qu’ils jugeaient cette hausse des prix temporaire.

« La Fed n’a pas dit qu’elle durcirait sa politique monétaire tout de suite », rappelle JJ Kinahan de TD Ameritrade. « Ils vont d’abord regarder les chiffres avant de prendre la moindre décision. »

La Banque centrale suivra notamment avec attention vendredi l’indicateur PCE sur les prix à la consommation, qui lui sert de référence pour évaluer le rythme de l’inflation.

Jeudi, la Fed publiera le résultat de ses derniers tests de résistance bancaire avec « l’attente que les banques continuent de bien se porter », note M. Kinahan.  

Parmi les valeurs du jour, Fannie Mae (-32,14 %) et Freddie Mac (-36,77 %) ont plongé. L’administration Biden a choisi de remplacer le directeur de l’agence supervisant ces deux organismes semi-publics de refinancement hypothécaire après une décision de la Cour suprême jugeant la structure de cette agence anticonstitutionnelle. Ce développement éloigne les perspectives de privatisation des deux groupes.

La compagnie aérienne américaine Southwest a reculé de 1,00 % après l’annonce par son patron Gary Kelly qu’il quitterait son poste de directeur général l’an prochain.  

Microsoft a lâché 0,09 %. Le géant technologique américain a atteint mardi en cours de séance une capitalisation boursière de plus de 2000 milliards de dollars, devenant la deuxième entreprise à franchir ce cap après Apple.

Apple (-0,21 %), Alphabet (-0,17 %), Facebook (+0,436 %) et Amazon (-0,05 %) ont peu évolué alors que la commission judiciaire de la Chambre des représentants examine mercredi des propositions de loi pour réguler les piliers américains de la tech.

Par ailleurs, les ventes de l’opération promotionnelle « Prime Day » d’Amazon ont généré 11 milliards de dollars, selon des chiffres d’Adobe Digital Economy Index.

Morgan Stanley a pris 0,20 %. La banque américaine va imposer à partir du 12 juillet à ses employés et sous-traitants, mais aussi à ses clients et visiteurs d’être vaccinés contre la COVID-19 s’ils veulent accéder à l’un de ses bureaux à New York.  

Sur le marché obligataire, le taux à 10 ans sur la dette américaine montait à 1,48 % contre 1,46 % mardi soir.

La Bourse de Toronto clôture en baisse

La Bourse de Toronto a clôturé en baisse, alors que la publication de données décevantes sur les ventes des détaillants a suffi pour refroidir l’activité en cette période de l’année typiquement plus tranquille pour les marchés.

L’indice composé S&P/TSX du parquet torontois a reculé de 36,26 points pour terminer à 20 164,39 points, après avoir brièvement avancé plus tôt dans la séance.

Le marché se dirigeait vers un troisième gain quotidien consécutif après son recul de la semaine dernière, attribuable aux commentaires de la Réserve fédérale des États-Unis sur d’éventuelles hausses des taux d’intérêt.

Statistique Canada a publié mercredi ses données sur les ventes au détail du mois d’avril. Ces dernières montraient leur plus forte baisse depuis le début de la pandémie, en raison des restrictions mises en place pour contrer la troisième vague de cas de COVID-19.

Selon l’agence fédérale, les ventes des détaillants canadiens ont chuté de 5,7 % à 54,8 milliards en avril, enregistrant leur plus forte baisse depuis avril 2020, lors de la première vague de la pandémie.

L’agence a également souligné que son estimation préliminaire suggérait une baisse supplémentaire de 3,2 % pour le mois de mai, tout en prévenant que ce chiffre serait révisé.

Les secteurs du TSX liés à la consommation ont reculé, les actions d’Empire ayant notamment chuté de 5,6 % après que l’épicier a annoncé de plus faibles ventes pour son plus récent trimestre.

Il faut s’attendre à une faiblesse du secteur de la vente au détail « étant donné les chiffres lamentables des ventes au détail que nous avons vus pour avril après le retour en confinement de l’ensemble du pays », a observé Colin Cieszynski, stratège en chef du marché chez SIA Wealth Management.

« Pendant que les États-Unis allaient de l’avant avec leur réouverture, le Canada fermait ses portes et cela a eu un impact sur les entreprises axées sur le marché intérieur », a-t-il affirmé lors d’une entrevue.

La faiblesse de l’activité des marchés est habituelle à cette période de l’année, a expliqué M. Cieszynski.

« Il n’y a pas beaucoup d’actualité pour permettre aux gens de réagir, alors les marchés se tiennent plus tranquilles », affirme-t-il.

« Il n’y a rien pour vraiment alimenter le marché dans une direction ou dans l’autre, alors nous voyons les choses bouger un peu d’un jour à l’autre, mais rien d’extraordinaire. »

Le marché des matériaux du parquet torontois est l’un des huit qui ont reculé mercredi, malgré une hausse du cours de l’or et du cuivre.

Les secteurs de l’énergie, des technologies de l’information et de la santé ont pour leur part avancé.

Sur le marché des devises, le dollar canadien s’est négocié au cours moyen de 81,39 cents US, en hausse par rapport à celui de 80,93 cents US de la veille.

À la Bourse des matières premières de New York, le cours du pétrole brut a avancé de 23 cents US à 73,08 $ US le baril, tandis que celui de l’or a gagné 6,00 $ US à 1783,40 $ US l’once. Le prix du cuivre a quant à lui bondi de 10 cents US à 4,33 $ US la livre.

La Presse Canadienne