(Paris) Toujours inquiètes des risques d’inflation, les Bourses mondiales reculaient fortement mercredi avant la publication d’un compte-rendu de la Réserve fédérale américaine (Fed), tandis que le pétrole et le bitcoin n’étaient pas épargnés par le regain de défiance.

Mis à jour le 19 mai 2021
Agence France-Presse

Inquiètes des risques d’inflation renforcés par une forte accélération de la hausse des prix à 1,5 % en avril sur un an au Royaume-Uni, les Bourses européennes creusaient leurs pertes dans le sillage de l’ouverture en forte baisse de Wall Street.

Après avoir perdu pour la plupart plus de 2 %, les principales places boursières européennes ont réussi à limiter leurs pertes en fin de journée : Paris a fini en baisse de 1,43 %, Francfort de 1,77 %, Londres de 1,19 % et Milan de 1,58 %.

À Wall Street, le recul se faisait également moins prononcé vers 12 h 30 : le Dow Jones cédait 0,83 %, le S&P 500 perdait 0,74 % et le NASDAQ reculait de 0,54 %.

« Alors que les investisseurs boursiers semblent préoccupés par l’augmentation du risque d’inflation […], cela semble être moins le cas des marchés obligataires », dont les taux étaient dans l’ensemble orientés à la baisse des deux côtés de l’Atlantique, relève Michael Hewson, analyste en chef chez CMC Markets UK.

Les investisseurs sont en effet attentifs à l’évolution du discours des banquiers centraux alors que les prises de parole de certains membres de la Fed semblent être moins catégoriques ces derniers jours sur le côté transitoire de l’inflation.

Dans ce contexte, une certaine nervosité gagnait le marché à l’approche de la publication du dernier compte-rendu de politique monétaire de la Fed attendu dans la soirée.

La spéculation va bon train sur le calendrier d’un éventuel resserrement monétaire qui pourrait être avancé en cas d’inflation plus persistante que prévu, sachant que les prochaines réunions de la Fed et de la BCE auront lieu en juin.

« Il n’y a guère de doute que l’inflation va augmenter aux États-Unis à court terme, ne serait-ce que par effet de base », a souligné lors d’une conférence en ligne Didier Saint-Georges, membre du comité d’investissement stratégique de Carmignac.

« Il est possible que la poussée d’inflation aux États-Unis se prolonge au-delà des tout prochains mois. Et par conséquent, la hausse des taux d’intérêt, qui marque une pause depuis deux mois, pourrait reprendre selon nous », a-t-il complété.

Les minières font les frais des craintes sur l’inflation

Les valeurs minières ont pâti des craintes d’un possible impact de l’inflation sur la croissance. A Londres, Antofagasta a perdu 3,44 % à 1558,50 pence, Anglo American a reculé de 4,71 % à 3154 pence, BHP de 4,57 % à 2138 pence et Rio Tinto de 3,38 % à 6039 pence. A Paris, ArcelorMittal a fermé la marche du CAC 40 (-4,99 % à 25,41 euros).

John Laing s’envole

Le groupe de BTP britannique John Laing s’est envolé (+11,25 % à 401,60 pence). La société d’investissement américaine KKR a trouvé un accord pour racheter le groupe britannique spécialisé dans les projets d’infrastructures, moyennant 2 milliards de livres.

Bayer face à un juge américain

Le titre Bayer a baissé de 1,15 % à 55,67 euros : un juge américain doit examiner mercredi l’accord conclu sur les requêtes futures entre Bayer et les plaignants sur le dossier du glyphosate en février.

Gros dégâts sur le bitcoin

Le bitcoin tempérait un peu ses pertes après avoir perdu jusqu’à 30 % mercredi, suivant un rappel à l’ordre en Chine contre les cryptomonnaies qui s’est ajouté à des propos d’Elon Musk interprétés négativement la semaine passée.

Vers 12 h 45, la principale cryptomonnaie perdait 7,44 % à 40 073 dollars. Elle avait flirté un peu plus tôt avec le seuil des 30 000 dollars, un prix plus vu depuis fin janvier.

L’euro cédait 0,08 % face au billet vert, à 1,2215 dollar.

Le pétrole affecté par les stocks américains 

Après avoir perdu environ 5 % aux États-Unis, dans le sillage de la publication de stocks américains en hausse et tandis que la COVID-19 menace la reprise de la demande asiatique, les prix du pétrole limitaient leurs pertes.

Vers 12 h 50, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juillet reculait de 2,91 % à 66,71 dollars à Londres.

À New York, le baril américain de WTI pour le mois de juin perdait 3,28 % à 63,35 dollars.