(Paris) Les indices boursiers ont subi des prises de bénéfices mardi en Europe tandis que Wall Street évoluait en ordre dispersé dans un contexte de vigilance face à l’inflation.

Agence France-Presse

Malgré un démarrage tonique à Francfort et Paris, les marchés européens ont clôturé sans grande direction pour le Dax allemand (-0,07 %), Londres (+0,02 %) et Milan (+0,07 %). Paris a poursuivi son repli de la veille (-0,21 %).  

Au même moment, Wall Street évoluait dans le désordre, le Dow Jones Industrial Average et l’indice élargi S&P 500 cédant respectivement 0,23 % et 0,11 % tandis que le NASDAQ montait de 0,59 %.

L’enthousiasme sur le front des résultats du secteur de la distribution était tempéré par la déception liée au recul plus fort qu’attendu des mises en chantier de logements neufs en avril aux États-Unis.

« La faiblesse persistante du dollar et la force relative de l’euro a un impact négatif sur les marchés européens », commente pour sa part Jochen Stanzl, analyste pour CMC Market.

Par ailleurs, des propos interprétés comme moins affirmatifs sur le caractère passager de l’inflation aux États-Unis ont pu aussi freiner les indices, selon des experts.

« La Fed insiste sur le caractère transitoire de la poussée inflationniste, mais rien n’est moins sûr », écrit par exemple Axel Botte, stratégiste chez Ostrum AM.  

Lundi soir,  le vice-président de la Banque centrale américaine (Fed), Richard Clarida, a déclaré que « la plupart » des pressions qui font grimper les prix « sont transitoires », mais qu’il faudrait « attendre et rester attentifs aux données qui arrivent ».

Le rebond beaucoup plus fort qu’attendu de l’inflation américaine a perturbé les marchés la semaine dernière.

Selon une étude de Bank of America auprès des gérants d’actifs publiée mardi, l’inflation et la crainte d’un ralentissement des achats d’actifs sont perçus actuellement comme les deux risques majeurs pour les marchés.

Par conséquent, chaque parole prononcée par le président de la Fed d’Atlanta Raphael Bostic vers 12 h 30 devrait être scrutée par les opérateurs de marché.

En Europe, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, s’est montré de son côté plus catégorique, affirmant lors d’une conférence qu’« il n’y a aujourd’hui aucun risque de retour durable de l’inflation en zone euro ».

Ces déclarations faisaient toutefois peu réagir le marché de la dette souveraine, où les taux d’intérêt étaient stables dans l’ensemble, le rendement de la dette américaine à 10 ans s’élevant à 1,65 % contre 1,64 % la veille.

Siemens s’empare d’une plateforme américaine

Le titre a régressé de 1,70 % à 139,02 euros alors que le géant industriel allemand a annoncé qu’il allait acquérir, pour 700 millions de dollars, Supplyframe, une plateforme américaine spécialisée dans la mise en relation des entreprises tout au long de la chaîne d’approvisionnement électronique.

Walmart relève ses prévisions

Stimulées par les aides du gouvernement aux ménages américains, les ventes de Walmart ont progressé au premier trimestre. Le groupe, dont l’action progressait de 2,47 % à Wall Street, a relevé ses prévisions de bénéfice annuel.

Vodafone à la peine

L’action a plongé de 8,91 % à 129,08 pence malgré un retour aux bénéfices lors de son exercice annuel décalé. Ses recettes se sont toutefois effritées à cause de la COVID-19 de même que son résultat opérationnel.

Le bitcoin déstabilisé

Le bitcoin évoluait en baisse mardi soir après être un peu remonté dans la matinée. Vers 16 h 20 GMT, la cryptomonnaie perdait 4,07 % autour de 42 981 dollars alors qu’elle s’échangeait à plus de 50 000 dollars vendredi.

Le bitcoin a perdu plus de 20 % de sa valeur en une semaine, poussant certains investisseurs à se demander si la fièvre d’achats de cryptomonnaies depuis plus de six mois commence à retomber.

Il était tombé lundi à 42 185 dollars, son plus bas depuis février, après que le patron de Tesla Elon Musk eut attisé des spéculations pendant le week-end sur la vente possible ou déjà en cours des avoirs en bitcoin de son groupe. Il a ensuite démenti avoir vendu le moindre bitcoin.

L’euro s’appréciait de 0,46 % face au billet vert, à 1,2207 dollar.

Le pétrole rétrograde

Les cours de pétrole baissaient mardi soir après avoir atteint des niveaux plus vus depuis près de deux mois et demi. Vers 12 h 20, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juillet perdait 2,42 % à 67,78 dollars à Londres.

À New York, le baril américain de WTI pour le mois de juin lâchait 2,49 % à 64,62 dollars.