(Paris) Wall Street retrouvait un peu d’optimisme jeudi, entraînant les bourses européennes qui ont pour l’essentiel clôturé dans le vert.  

Agence France-Presse

En Europe, exceptée Londres (-0,59 %) qui est restée dans le rouge, Francfort (+0,33 %), Paris (+0,14 %) et Milan (+0,14 %) ont terminé en légère hausse, effaçant leurs replis de la matinée où ils avaient été plombés par des craintes inflationnistes.  

Les marchés européens ont inversé la tendance après l’ouverture à la hausse de Wall Street, qui rebondissait nettement après trois séances négatives où les valeurs technologiques ont particulièrement bu la tasse.  

Vers 13 h, le Dow Jones montait de 1,81 %, le S&P 500 de 1,21 % et le NASDAQ de 0,58 %.  

Wall Street a profité de la publication des inscriptions hebdomadaires au chômage aux États-Unis, ressorties en léger recul, de bon augure pour la reprise économique et l’amélioration de la situation sur le marché du travail.  

Outre ces chiffres, ce sont aussi « les propos du vice-président de la Fed qui ont été pris en compte et ont permis ce rebond », selon Christopher Lhuillier, expert en investissements financiers chez Milleis Banque.

Le vice-président de la Banque centrale américaine, Richard Clarida, s’est dit, mercredi, surpris par les chiffres de l’inflation, en hausse plus forte qu’attendu, mais n’envisage pas qu’elle dure sur le long terme.

Les investisseurs ont par ailleurs ignoré un bond plus fort que prévu des prix de gros, c’est-à-dire des prix de vente des produits fabriqués aux États-Unis et des services fournis par des entreprises américaines

« Le rebond reste fragile et de l’instabilité sur les marchés est encore à prévoir jusqu’à la prochaine réunion » de politique monétaire de la banque centrale, prévient toutefois Christopher Lhuillier.  

Notamment au vu des doutes de certains investisseurs quant à l’inflation sur le long terme et la politique de la Fed en réaction : certains craignent que la poursuite de la hausse de l’inflation ne devienne incontrôlable si la banque centrale américaine réagit trop tard.  

« Malgré la déclaration rassurante du vice-président de la Fed Richard Clarida, les investisseurs scruteront les futures prises de parole afin de déterminer si la Fed infléchira sa politique monétaire plus tôt qu’anticipé », poursuit Christopher Lhuillier.

Le rendement des bons du Trésor américain à dix ans, dont la hausse s’est amplifiée mercredi après des chiffres d’inflation très supérieurs aux attentes, redescendait à 1,64 % vers 13 h.

Alibaba mis à l’amende

L’action d’Alibaba reculait de 4,82 % à 209,29 dollars à Wall Street. Plombé par une amende record de Pékin pour entrave à la concurrence, le géant chinois du commerce en ligne a annoncé jeudi une perte trimestrielle de près d’un milliard d’euros.

Burberry visé par des prises de bénéfices

A Londres, le groupe de luxe Burberry a dévissé de 4,18 % à 2016,00 pence. Il a pourtant dévoilé un bond de ses bénéfices annuels. Les investisseurs étaient tentés toutefois de prendre leurs bénéfices sur la valeur, qui a fortement grimpé depuis l’année dernière.

BT ne convainc pas

L’opérateur télécoms BT (-5,92 % à 159,05 pence), dont les profits annuels ont souffert de la crise sanitaire, a annoncé une accélération du déploiement de la fibre au Royaume-Uni.

Le secteur pétrolier affecté par le recul des cours du brut

Total, poids lourd de la cote parisienne, a perdu 1,25 % à 38,81 euros. Même destin pour BP (-2,19 % à 308,00 pence) ou Royal Dutch Shell (-1,21 % à 1325,00 pence) à Londres.

Les prix du pétrole abandonnaient en effet leurs gains de la veille jeudi, rattrapés par les perspectives toujours incertaines pour la demande.  

Vers 13 h, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juillet chutait de 3,49 % à 66,93 dollars à Londres. A New York, le baril américain de WTI pour le mois de juin cédait 3,87 % à 63,52 dollars.

Tesla fait subir un camouflet au bitcoin

Le bitcoin s’échangeait à 49 050 dollars, accusant une baisse de 9,90 %. Il est tombé brièvement au cours de la nuit à 46 045,10 dollars, un plancher depuis le 1er mars.

Le patron de Tesla, Elon Musk a annoncé que son entreprise de véhicules électriques, n’acceptait plus le bitcoin comme moyen de paiement, par souci de préservation de l’environnement, les mines de bitcoins consommant beaucoup d’électricité.

L’euro s’appréciait de 0,15 % face au billet vert, à 1,2091 dollar.