(New York) Les cours du brut ont avancé mercredi, soutenus par l’annonce d’un léger repli des stocks de brut aux États-Unis et la situation tendue dans certaines stations-service américaines après la mise à l’arrêt d’un important oléoduc.

Agence France-Presse

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juillet a terminé en hausse de 1,12 %, ou 77 cents, par rapport à la clôture de mardi, à 69,32 dollars à Londres.

À New York, le baril américain de WTI pour le mois de juin a gagné 1,22 % ou 80 cents, à 66,08 dollars.

Les réserves commerciales de pétrole brut aux États-Unis ont diminué pour la deuxième semaine d’affilée, mais moins que prévu par les analystes, selon l’Agence américaine d’information sur l’Énergie (EIA).

Les stocks de brut sont descendus de 400 000 barils à 484,7 millions de barils (Mb) la semaine dernière, a indiqué le rapport hebdomadaire de l’EIA, qui a été établi avant le piratage informatique qui a conduit à la fermeture de l’immense oléoduc de Colonial Pipeline.

« Pour le marché, les préoccupations du jour tournent toutes autour de l’oléoduc, pas des stocks », a relevé Andy Lipow, président du cabinet de consultants de Lipow Oil Associates.

La panique des automobilistes à la recherche d’essence sur la côte est américaine s’est étendue mercredi, six jours après la fermeture de l’immense oléoduc de carburants de Colonial Pipeline attaqué par des pirates informatiques.

Une douzaine d’États allant de la Floride à la Virginie ont déclaré l’état d’urgence, renforçant le sentiment d’affolement des consommateurs qui se pressaient dans les stations-service, bidons à la main.

« Nous voilà six jours après la fermeture de l’oléoduc de Colonial Pipeline et avec les déclarations d’état d’urgence, la perception du public est que la pénurie est grave et qu’il faut aller faire le plein », a commenté M. Lipow.

« Il en résulte que la demande d’essence est deux à trois fois plus forte qu’à l’ordinaire ce qui aggrave la situation », a ajouté l’analyste.

Colonial Pipeline espère rétablir l’essentiel de ses activités d’ici la fin de la semaine.

Par ailleurs, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) a maintenu mardi ses prévisions de hausse de la demande mondiale de pétrole pour cette année.

Le cartel table dans son rapport mensuel sur un rebond de la demande de brut en 2021 à hauteur de 6 millions de barils par jour, à 96,5 millions de barils par jour en moyenne.

Il se dit plus « optimiste » pour le deuxième semestre.

« Avec l’Europe et les États-Unis qui devraient progressivement assouplir les restrictions sur les voyages nationaux et internationaux, la demande de produits bruts va probablement bondir entraînant avec elle les prix », a réagi Josh Mahony, analyste d’IG.