Chaque dimanche, nous braquons les projecteurs sur des éléments de l’actualité financière et boursière qui peuvent être utiles à l’investisseur, mais qui pourraient être passés sous le radar.

Richard Dufour Richard Dufour
La Presse

Au moins cinq analystes ont lancé cette semaine une couverture officielle des activités de Dialogue, cette entreprise montréalaise de soins de santé virtuels qui a fait le saut en Bourse ce printemps.

Trois d’entre eux (ceux de la Scotia, de l’Industrielle Alliance et de la Financière Banque Nationale) recommandent l’achat de l’action alors que les deux autres (RBC et TD) suggèrent de demeurer sur les lignes de touche, jugeant les perspectives de croissance déjà bien reflétées dans l’évaluation actuelle.

Adam Buckham, de la Scotia, admet que l’évaluation boursière apparaît « riche » après la poussée initiale du titre. Une prime est cependant méritée, dit-il, en raison des perspectives de croissance, de la forte exposition des activités à la télémédecine, et de la récurrence des revenus.

« Un des éléments les plus attrayants est l’exposition à ce que j’estime être des tendances à long terme perturbatrices dans le secteur de la santé. Celui qui vient en tête de liste est la numérisation de l’expérience en matière de soins de santé. »

* * *

Le sentiment des investisseurs envers la Banque Laurentienne n’est plus le même. Le vent a tourné, dit l’analyste Gabriel Dechaine, de la Financière Banque Nationale. Dans une note publiée cette semaine après l’annonce de la révocation de l’accréditation syndicale à la banque, il souligne que la présence du syndicat était une des raisons justifiant l’escompte appliqué sur le titre dans le passé. Il retire sa suggestion de vente, mais ne recommande toujours pas l’achat de l’action. « Le redressement à réaliser est une tâche herculéenne et risque de nécessiter des investissements importants. »

* * *

L’agence de notation de crédit DBRS a placé la cote du CN en révision mercredi avec « implications négatives » après avoir pris connaissance de la proposition d’achat de Kansas City Southern évaluée à 33,7 milliards US.

DBRS s’inquiète du niveau d’endettement que la transaction apporterait. « Le CN a indiqué qu’il cesserait de racheter des actions pour favoriser le désendettement et ramener le ratio dette/BAIIA dans une fourchette de 2,5x à 3x. Ça ne risque pas de se produire avant 2024. Des synergies d’environ 1 milliard US par an sont prévues, mais elles ne se réaliseraient pas avant 2023, c’est donc dire qu’elles ne contribueraient pas au désendettement entre aujourd’hui et 2023. »

* * *

Un fondateur de Couche-Tard a vendu en début de semaine pour un demi-million de dollars d’actions de la chaîne de dépanneurs de Laval. Réal Plourde a vendu lundi un bloc de 12 000 actions. Il a obtenu un prix unitaire de 41,82 $. La transaction a été réalisée au bénéfice de sa fondation.

* * *

CAE a gagné l’admiration de la Financière Banque Nationale lundi. L’analyste Cameron Doerksen recommande désormais l’achat de l’action du fabricant montréalais de simulateurs de vol. Son optimisme est justifié par la récente acquisition de L3Harris qu’il juge « transformationnelle » et par la croissance anticipée dans les prochaines années du côté de l’aviation civile. La vaccination à l’échelle mondiale débouchera sur une reprise dans le transport aérien qui augmentera l’utilisation des centres d’entraînement pour pilotes de CAE, dit-il.

* * *

Les titres québécois de BMTC (Brault et Martineau), Logistec, Banque Laurentienne, WSP, Uni-Sélect, Lassonde, Gildan, Produits forestiers Résolu et Saputo ont tous touché cette semaine un sommet des 52 dernières semaines à Toronto.

* * *

« Le cours d’une action est déterminé par ses bénéfices et son multiple (ratio cours/bénéfices, par exemple). De façon générale, nous croyons improbable que les multiples augmentent par rapport à leur niveau actuel. Nous pensons plutôt que les profits augmenteront substantiellement pour certaines entreprises en particulier au cours des prochains trimestres. Nous concentrons donc nos efforts sur ces cas », évoque le gestionnaire de portefeuille Philippe Hynes, de Tonus Capital, dans sa lettre trimestrielle envoyée vendredi.