Le financier montréalais Richard Mashaal investit des milliards de dollars dans des titres boursiers sous-évalués. Il vient de réaliser (un peu par hasard) le coup le plus fumant de sa carrière : un profit d'environ 1 milliard de dollars canadiens en vendant les actions de GameStop au plus fort de la saga opposant des petits investisseurs aux géants de Wall Street. Portrait d’un investisseur à contre-courant.

Vincent Brousseau-Pouliot Vincent Brousseau-Pouliot
La Presse

La folie GameStop

En trois décennies à investir à la Bourse, Richard Mashaal a eu de bonnes journées. De mauvaises journées. Des séances tranquilles. Et d’autres, très agitées. Mais jamais rien comme les deux semaines de la saga GameStop, à la fin de janvier.

Le financier montréalais, qui gère des actifs de 3 milliards de dollars à partir de Montréal et de New York avec sa société de portefeuille Senvest, s’est retrouvé (bien malgré lui) en plein cœur d’une des bulles les plus spectaculaires et les plus médiatisées de l’histoire de Wall Street.

La saga GameStop a commencé quand des fonds de couverture (hedge funds) de Wall Street, qui aiment le risque, ont misé sur la chute du titre de GameStop, détaillant de jeux vidéo, en vendant le titre à découvert (« en shortant » le titre, comme on dit dans le jargon). Choqués, de petits investisseurs adeptes des forums comme WallStreetBets ont acheté le titre de GameStop pour le faire monter.

En un mois, au début de l’année 2021, le titre est passé de 17,25 $ US (le 4 janvier) à 483 $ (en cours de séance le 28 janvier), puis est redescendu à 53,50 $ le 4 février. (Le titre de GameStop a terminé la séance de mardi dernier à 194 $.) Tout ça alors que l’entreprise n’a rien annoncé de spécial...

HBO et Netflix préparent chacun un film sur cette histoire, qui a captivé le public, mais qui s’est mal terminée pour beaucoup de monde. Forcés de mitiger leurs pertes, certains fonds de couverture de Wall Street ont perdu des millions. Certains petits investisseurs qui sont arrivés durant cette frénésie ont aussi perdu la plupart de leurs billes.

Un pari audacieux

La fin de l’histoire a été (très) heureuse et (fort) lucrative pour le fonds de couverture new-yorkais de Richard Mashaal, Senvest Management, qui a fait des profits supérieurs à 900 millions de dollars canadiens (700 millions US) en vendant ses actions de GameStop. Avant que le titre ne décolle, le fonds était le cinquième actionnaire. Au 31 décembre 2020, il détenait un bloc de 5 millions d’actions (7,24 %) qui valait alors environ 95 millions US.

PHOTO LM OTERO, ASSOCIATED PRESS

Boutique GameStop à Dallas

Senvest a décidé de faire le plein d’actions de GameStop l’automne dernier, bien avant que les petits investisseurs ne réussissent à les faire monter. Si Richard Mashaal a pris ce pari, c’est tout simplement parce qu’il pensait que le titre était sous-évalué. Car à la Bourse, il est un investisseur à contre-courant (contrarian investor).

« GameStop, c’est l’exemple parfait des titres “contrarian”. Il y avait beaucoup de shorts sur le titre, dit-il. Tout le monde pensait que l’entreprise allait être le prochain Blockbuster [la chaîne de clubs vidéo] et disparaître », a dit Richard Mashaal, vice-président de Senvest Capital ainsi que co-chef de l’investissement et fondateur de Senvest Management, en entrevue avec La Presse.

C’était le genre de paris boursiers qu’il fait plusieurs fois par année depuis des décennies.

Nous avons vu une opportunité à cause des nouvelles consoles de jeu vidéo qui vont arriver sur le marché. L’entreprise avait aussi de nouveaux dirigeants qui ont réduit les coûts et amélioré l’efficacité.

Richard Mashaal

« Il y avait également l’investisseur militant Ryan Cohen – qui est aussi de Montréal –, qui a eu un succès énorme dans le commerce électronique contre Amazon, ajoute-t-il. Tout le monde était négatif sur ce titre, et nous avons vu un potentiel positif énorme en raison du cycle de nouvelles consoles et de la crédibilité de Ryan Cohen. »

Ça monte, ça monte…

Puis, la saga GameStop a commencé. Le titre a monté, monté, monté. Richard Mashaal, qui était en Californie, commençait alors ses journées à 1 h du matin (à l’ouverture des prémarchés) pour les terminer à 19 h (à la fermeture des après-marchés). Senvest Management a vendu ses actions de GameStop à la fin de janvier durant cette hausse boursière.

(Si Senvest avait tout vendu au sommet de 483 $ atteint en cours de séance le 28 janvier, le fonds de couverture aurait pu faire des profits allant jusqu’à 2,3 milliards US. Mais Richard Mashaal, comme tous les investisseurs, ne dispose pas d’une boule de cristal.)

Avec des profits de presque un milliard de dollars canadiens, Senvest Management est probablement l’un des investisseurs – sinon l’investisseur – qui ont fait le plus d’argent dans la saga GameStop. « Pour un titre qu’il a payé autour de 15 $, c’est tout un rendement », dit Philippe Hynes, gestionnaire de portefeuille chez Tonus Capital et actionnaire de Senvest Capital.

À la Bourse de Toronto, le titre de Senvest Capital (principal investisseur du fonds de couverture new-yorkais Senvest Management) est en hausse de 75 % en 2021, principalement en raison des profits engendrés avec les actions de GameStop.

Pas mal pour une société dirigée par un financier qui a complètement raté son premier investissement en Bourse, perdant tout son argent sur des options de Dr Pepper.

À sa décharge, Richard Mashaal aimait beaucoup cette boisson gazeuse.

Et il n’était qu’un ado.

— Avec la collaboration de Richard Dufour, La Presse

L’autre Montréalais de GameStop

Richard Mashaal n’est pas le seul Montréalais au centre de la saga GameStop. L’investisseur militant Ryan Cohen, originaire de Montréal, mais établi aux États-Unis depuis des années, est l’un des investisseurs les plus importants du détaillant de jeux vidéo, dont il est membre du conseil d’administration. Le 31 décembre dernier, il était le deuxième actionnaire en importance, avec 12,91 % des actions (derrière Fidelity, à 13,3 % des actions). Ryan Cohen a fait sa fortune en fondant Chewy, qui vend en ligne des produits pour animaux. Chewy a été vendu pour 3,35 milliards US en 2017.

Senvest Capital

Société établie à Montréal et inscrite à la Bourse de Toronto
Capitalisation boursière : environ 800 millions de dollars canadiens

La famille Mashaal détient 54,8 % de Senvest Capital (le vice-président, Richard Mashaal, en détient 10,3 %, son père et fondateur de l’entreprise, Victor Mashaal, en détient 44,5 %).

Senvest Capital a des actifs immobiliers, mais sa principale activité est d’être une société de portefeuille. Senvest Capital investit principalement par l’entremise de son fonds de couverture new-yorkais Senvest Management, aussi dirigé par Richard Mashaal, et aussi par des fonds d’investissement privés. Le 31 décembre dernier, la valeur totale des placements de Senvest Capital était de 3,9 milliards de dollars canadiens. Les employés clés de Senvest Capital et d’autres parties intéressées ont investi environ 297 millions de dollars canadiens dans les fonds de Senvest.

Senvest Management

Fonds de couverture établi à New York et fondé par Richard Mashaal en 1997 Actif sous gestion : 3 milliards de dollars américains

Senvest Management a plusieurs investisseurs, mais son plus important est Senvest Capital. Les noms des autres investisseurs ne sont pas connus ; ce sont entre autres des clients fortunés, des régimes de retraite, des fondations et des fonds de dotation. Senvest Management fait les investissements et distribue les profits à ses investisseurs, dont Senvest Capital. C’est Senvest Management qui a investi dans GameStop.

Note : tous les calculs de rendements boursiers ont été effectués à partir des cours boursiers de mardi dernier, à la fin de la séance. Le profit de Senvest Management sur les actions de GameStop, qui se transigent en dollars américains, a été d'environ 700 millions de dollars américains. Ce qui donne environ 900 millions de dollars canadiens au taux de change en vigueur au début de février 2021. En dollars canadiens, il faut toutefois considérer que le dollar canadien était plus faible par rapport au dollar américain quand Senvest Management a investi dans GameStop l'automne dernier.

Dans les affaires de père en fils

Adolescent, Richard Mashaal avait déjà la bosse des affaires et de la Bourse.

Le dimanche, avec un ami qui avait des contacts dans l’industrie du vêtement, il se procurait au rabais des sacs à main des collections de l’année précédente et les revendait près des entrepôts de vêtements du quartier Chabanel, à Montréal. « C’était payant pour un ado », se rappelle-t-il.

Richard Mashaal n’avait pas à regarder très loin pour savoir d’où lui venait cet intérêt pour le monde des affaires. Son père, Victor Mashaal, était entrepreneur. Son entreprise, Sensormatic Canada, qui a acquis le droit de vendre les systèmes antivols de l’entreprise américaine Sensormatic, était inscrite à la Bourse de Montréal.

Je regardais mon père et je voulais être entrepreneur. Mais j’aimais aussi la Bourse. Mon frère et moi avions passé une semaine dans le bureau des courtiers en valeurs mobilières pour l’entreprise de mon père.

Richard Mashaal

Fort de cette expérience, le jeune adolescent fait ses débuts à la Bourse. Son père lui donne alors 3000 $ pour investir. Friand de la boisson gazeuse Dr Pepper, il met presque tout son argent sur des options de ce titre. Il perdra tout – mais non sans apprendre sa première leçon comme investisseur : « vous pouvez perdre tout votre argent en Bourse ».

Une histoire familiale

Son grand-père paternel, Menashi Mashaal, était aussi un homme d’affaires en Irak.

Mais à partir des années 1940, la situation devient intenable pour les Juifs d’Irak, qui sont persécutés, discriminés, dépossédés de leurs biens. Durant deux jours de violences en 1941, 120 Juifs irakiens sont tués, et des centaines d’autres sont blessés.

Entre 1941 et 1951, environ 124 000 des 135 000 Juifs irakiens fuient l’Irak de façon clandestine. La famille de la mère de Richard Mashaal part en Israël. Son grand-père paternel, Menashi Mashaal, lui, envoie ses enfants en Europe et à Montréal.

Son père, Victor, arrive donc à Montréal en 1951. Il vend d’abord des tapis persans. Se lance ensuite dans l’immobilier. Puis, au début des années 1970, il achète les droits canadiens d’une nouvelle technologie, le système antivol de Sensormatic, et inscrit son entreprise à la Bourse de Montréal.

La famille Mashaal s’installe dans Côte-Saint-Luc, à Mont-Royal, puis à Westmount. Adolescent, Richard Mashaal fréquente le très huppé Lower Canada College. Après un an au cégep Vanier, il part étudier aux États-Unis à la prestigieuse école de commerce Wharton, à l’Université de la Pennsylvanie, qui fait partie de l’Ivy League. Après un an à Wall Street, il retourne sur les bancs d’école, cette fois à l’Université de Chicago, où il décroche deux maîtrises.

Naissance de Senvest

Richard Mashaal rentre à Montréal en 1989 pour travailler dans l’entreprise de son père. À l’époque, Sensormatic Canada est le plus important distributeur de systèmes antivols au pays. Il est aussi un actionnaire important de First Choice, société qui revendra Super Écran et le Canal Famille à Astral (aujourd’hui Bell Média).

L’année suivante, il revend la plupart des droits canadiens des produits de Sensormatic à la société mère américaine. Sensormatic Canada change alors son nom pour Senvest Capital, et Richard Mashaal aura la mission de faire fructifier le profit de cette vente.

En 1997, il part donc à la conquête de Wall Street en créant un fonds de couverture à New York, Senvest Management. « Ayant travaillé avec mon père, j’avais un esprit entrepreneurial et je voulais lancer moi-même quelque chose. »

C’est plus facile [d’avoir un fonds de couverture à New York] pour embaucher des gens et pour lever des capitaux. Et mon réseau dans le monde des affaires était aux États-Unis.

Richard Mashaal

Son cochef des investissements, Brian Gonick, est d’ailleurs son ancien colocataire durant son baccalauréat à Wharton.

Au départ, le fonds de couverture avait un actif sous gestion de 5 millions US. Aujourd’hui, la cagnotte est rendue à 3 milliards US. Senvest Capital, entreprise inscrite à la Bourse de Toronto dont la famille Mashaal détient 55 % des actions, est l’investisseur le plus important de Senvest Management.

Père de trois enfants (son fils aîné suit d’ailleurs ses traces chez Senvest) et beau-père de trois autres enfants avec sa conjointe, Richard Mashaal réside toujours à Westmount. Il partage toutefois son temps entre Montréal, New York et plus récemment la Californie (pour le travail, pour des raisons familiales, mais aussi un peu pour surfer dans l’océan Pacifique). Il est en Californie depuis octobre (c’est là-bas qu’il a vécu le feuilleton fou de GameStop), mais doit rentrer à Montréal en avril, en respectant les consignes de santé publique.

« Montréal, c’est ma ville, dit-il. J’y suis à l’aise. J’aime les restaurants, le style de vie, la scène musicale, le ski, le hockey. Mais pour la finance, c’est difficile de ne pas être attiré par New York. J’adore faire des affaires à New York. Sur notre coin de rue, entre Madison et la 55Rue, il peut se brasser davantage d’affaires que dans beaucoup de villes ! Il y a une énergie incroyable pour le travail. Mais j’aime mieux passer un week-end à Montréal qu’à New York. À Montréal, je peux parler français. Mes racines sont et seront toujours à Montréal. »

L’investisseur à contre-courant

« C’est beaucoup plus facile de battre les attentes quand elles sont basses. »

En une phrase, Richard Mashaal vient de résumer comment il investit les milliards de Senvest Capital et de Senvest Management.

Le Montréalais de 55 ans n’est pas un gestionnaire de portefeuille normal. C’est plutôt un investisseur à contre-courant. Il traque les titres mal-aimés de Wall Street pour voir s’il n’y a pas de trésors cachés. Un peu comme quand, adolescent, il se procurait au rabais des sacs à main des collections de l’année précédente pour les revendre dans le quartier Chabanel.

« Nous sommes des investisseurs “contrarian”. Quand vous trouvez une entreprise que les gens ont prise en grippe et que vous constatez que cette entreprise n’est pas un titre perdant, mais un titre gagnant, c’est là que vous pouvez faire les meilleurs rendements à la Bourse », dit Richard Mashaal, qui a eu une rémunération totale de 7,6 millions de dollars canadiens en 2019 comme vice-président de Senvest Capital, selon les documents publics. (Son bloc d’actions de Senvest Capital, lui, vaut environ 80 millions de dollars canadiens.)

Pour penser à contre-courant, il faut agir à contre-courant, estime-t-il. C’est pourquoi il décourage ses analystes boursiers de fraterniser avec leurs collègues des autres firmes de Wall Street. Le but de cet avertissement : ne pas succomber à la tentation de suivre la parade.

« Ce n’est pas une règle formelle, dit-il en riant. Mais nous avertissons nos analystes [des dangers] de la réflexion de groupe. »

Nous ne prenons pas nos idées d’investissements des autres fonds de couverture. Nous ne voulons pas être dans des transactions “bondées” [crowded transactions].

Richard Mashaal

Avec parcimonie

Comme n’importe quel bon investisseur, Senvest ne met jamais trop d’œufs dans un même panier. Bon an, mal an, le fonds spéculatif new-yorkais détient des participations dans 50 à 60 titres boursiers. « Vous ne savez jamais celui qui va fonctionner », dit-il.

C’est pourquoi Richard Mashaal se juge sur sa moyenne au bâton sur plusieurs années. Pas sur un seul gros coup d’argent – fût-il de presque un milliard de dollars canadiens comme ç’a été le cas avec GameStop !

« GameStop a été super, mais nous voulons avoir une approche d’investissement sur plusieurs décennies, dit-il. Dans les fonds de couverture, si vous avez un rendement annuel de 20 % sur une longue période, vous êtes considéré comme parmi les meilleurs. » Le rendement du fonds principal de Senvest Management : 19 % par année depuis 1997. Celui de son fonds techno lancé en 2003 : 21 % par année.

Avant le feuilleton GameStop, le titre de Senvest Capital, qui se négocie à la Bourse de Toronto, s’était apprécié en moyenne de 14 % par année depuis 10 ans (du 31 décembre 2010 au 31 décembre 2020). En 2021, le titre de Senvest Capital s’est apprécié de 75 %.

* * *

Le feuilleton GameStop a commencé parce que de petits investisseurs étaient mécontents que des fonds de couverture de Wall Street pariaient sur la chute du titre de GameStop en vendant le titre à découvert.

C’est donc ironique que l’un des plus grands gagnants de cette histoire, Senvest Management, soit un fonds de couverture de Wall Street qui, à l’occasion, fait aussi des ventes à découvert (des shorts).

Richard Mashaal est particulièrement fier de certains de ses shorts au fil des ans. En 2017, Senvest Management a parié sur la chute d’Insys Therapeutics, pharma qui a vendu de façon « agressive » du fentanyl, un dangereux opioïde. En 2020, l’ex-PDG d’Insys John Kapoor a été condamné à cinq ans et demi de prison pour sa participation à un stratagème en vertu duquel des médecins prescrivaient du fentanyl à des patients n’en ayant pas besoin. Il a aussi été condamné pour avoir menti à des compagnies d’assurances.

Senvest Management a aussi misé sur la chute du titre de Wirecard, entreprise allemande de services financiers aujourd’hui en faillite qui a admis en 2020 avoir falsifié ses états financiers pour 1,9 milliard d’euros. Son ex-PDG Markus Braun fait face à des accusations criminelles.

Mais la plupart du temps, Senvest achète des actions en suivant son approche à contre-courant. Les titres les plus importants du portefeuille de Senvest (en date du 31 décembre dernier) : Tower Semiconductor, fabricant de puces électroniques, et eBay, plateforme de commerce électronique, dont l’action s’échange à 7,6 fois ses profits annuels (Amazon s’échange à 73 fois ses profits).

Nous voyons des occasions dans les paris sportifs et dans l’industrie du cannabis. Nous aimons aussi beaucoup le secteur pétrolier canadien.

Richard Mashaal

« Beaucoup de gens sont très négatifs à ce sujet, mais le monde aura besoin de combustibles fossiles pour encore un bout et le Canada a l’un des meilleurs régimes réglementaires au monde, ajoute-t-il. Ces entreprises génèrent actuellement des flux monétaires significatifs. »

Pour un petit investisseur, c’est risqué de suivre la philosophie à contre-courant de Richard Mashaal – surtout si on parle d’investissements en vue de la retraite. Ce n’est pas pour rien que les fonds de couverture comme Senvest Management ont surtout des clients fortunés, des régimes de retraite, des fondations et des fonds de dotation.

Plus important investisseur de Senvest Management, Senvest Capital, qui s’échange à la Bourse de Toronto, est un rare titre boursier au Canada qui permet aux petits investisseurs d’investir (indirectement) dans un fonds de couverture. À condition de ne pas avoir peur des émotions fortes, car les rendements des fonds de couverture sont souvent en montagnes russes.

C’est d’ailleurs le principal conseil de Richard Mashaal aux investisseurs : ne pensez pas seulement à vos gains potentiels, pensez aussi à vos pertes potentielles.

« Nous montrons [à nos clients] les risques. Si vous voulez avoir des rendements, il faut accepter les risques. Les gens pensent souvent uniquement à ce qu’ils ont à gagner, mais il y a beaucoup de hauts et de bas à la Bourse. Il faut avoir un estomac solide. Si vous voulez faire de l’argent à la Bourse, vous devez y aller avec vos yeux grand ouverts et ne pas vendre au plus bas quand ça va mal. »

— Avec la collaboration de Richard Dufour, La Presse