(Hong Kong) Les prix du pétrole ont poursuivi leur ascension lundi matin, le Brent dépassant brièvement 70 dollars le baril, dopé par des attaques contre les installations pétrolières d’Arabie saoudite et par les limitations volontaires de production de l’OPEP+.

Agence France-Presse

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mai a culminé à 71,38 dollars en cours de séance asiatique, à son plus haut depuis le 8 janvier 2020.

Malgré un léger repli en cours de séance lundi (-0,37 % à 69,10 dollars pour le Brent, -0,27 % à 65,91 dollars pour le WTI américain), les deux références restaient à des niveaux plus vus depuis le début de la pandémie de COVID-19.

Le ministère saoudien de l’Énergie, cité par l’agence officielle Spa, a annoncé dimanche soir qu’un drone avait frappé un port pétrolier alors qu’un missile balistique avait visé des installations du géant de l’énergie Aramco, dans l’est saoudien.

« L’un des parcs de réservoirs pétroliers du port de Ras Tanoura (est), un des plus grands ports pétroliers du monde, a été attaqué ce matin par un drone venant de la mer », a indiqué le ministère dans son communiqué, précisant que le drone avait été détruit.

« La possibilité de dégâts à Ras Tanoura est particulièrement inquiétante pour le marché », soulignent les analystes de Commerzbank : les plus grands terminaux et centres de stockage pétroliers y sont situés, selon eux.

Prudence de l’OPEP

Mais « l’or noir était déjà proche des 70 dollars », remarquent-ils, profitant de la prudence de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et de ses partenaires (OPEP+), qui se sont réunis la semaine passée.

Alors que les analystes s’attendaient à des tensions entre l’Arabie saoudite et la Russie, c’est la prudence du premier qui a prévalu, la réunion n’ayant débouché jeudi que sur une ouverture modérée du robinet de brut à compter du mois prochain.

« Les Saoudiens sont très prudents sur la perspective d’une relance de la demande post-COVID-19 », explique Stephen Brennock, analyste chez PVM.

« Les inquiétudes sur une potentielle destruction de la demande en raison de la hausse des prix, ou sur un déséquilibrage du marché avec une offre insuffisante, n’ont pas été écoutées », résument les analystes de JP Morgan.

Les prix du brut ont renoué avec leur niveau de début 2020, avant que la pandémie du coronavirus ne paralyse l’économie mondiale et ne fasse plonger les cours.

Inflation et guerre des producteurs

Depuis fin 2020, les marchés espèrent que les vaccinations vont permettre une relance rapide, notamment pour le secteur des transports, grand consommateur de pétrole.

Mais la hausse des prix du brut « pourrait faire plus de mal que de bien » à l’économie mondiale, prévient M. Brennock : « Cette dernière montée devrait alimenter la crainte des marchés sur un retour de l’inflation », prévient-il.

Par ailleurs, des prix aussi élevés pourraient inciter des producteurs américains à relancer de coûteuses exploitations de pétrole de schiste, commentent les analystes de JP Morgan.

« Avec un baril de WTI au-dessus de 60 dollars cette année, la production devrait grimper, cela veut dire que l’année prochaine sera marquée par une nouvelle guerre pour les parts de marché », prévoient-ils.