L’entreprise montréalaise d’entretien sanitaire GDI Services aux immeubles a franchi le seuil du milliard de dollars en capitalisation boursière.

Martin Vallières Martin Vallières
La Presse

Rehaussée à 47 $ par action en fin de séance mercredi, soit 1,07 milliard en tout, la valeur boursière de GDI s’affiche maintenant en hausse de 23 % depuis un an, juste avant le choc de la pandémie en Bourse et dans l’économie.

Comme s’y attendaient plusieurs analystes, les résultats de fin d’exercice 2020 publiés cette semaine par GDI ont confirmé son positionnement très avantageux dans le vaste marché des gestionnaires d’immeubles au Canada et aux États-Unis qui sont aux prises avec des exigences d’entretien sanitaire sans précédent pour contrer la contagion par le virus de la COVID-19.

« GDI a produit un autre trimestre de résultats meilleurs que prévu, alors que la pandémie continue de fournir un “vent de dos” dans ses activités de services d’entretien d’immeubles. Dans ce contexte, je m’attends à ce que GDI maintienne des résultats forts pour les prochains trimestres, avec des marges bénéficiaires en croissance », indique l’analyste Scott Fromson, de CIBC Marchés Mondiaux à Toronto, dans une note à ses clients-investisseurs.

« Aussi, les perspectives d’affaires énoncées par la direction de GDI restent très positives. Elle considère que la pandémie de COVID-19 continuera de favoriser la croissance de ses activités d’entretien d’immeubles tant et aussi longtemps que les clients de GDI — et leurs locataires — considéreront qu’il s’agit d’un risque pour la santé des gens dans leurs immeubles. »

Des revenus en hausse

Dans ses plus récents résultats trimestriels, GDI fait état de revenus de 364,7 millions et d’un bénéfice d’exploitation (BAIIA) ajusté de 32,2 millions, respectivement en hausse de 6 % et de 52 % par rapport au quatrième trimestre 2019.

Quant au bénéfice net du quatrième trimestre 2020, il s’est élevé à 17 millions ou 75 cents par action, en fort contraste avec la perte nette de 900 000 $, ou 4 cents par action, qui avait été comptabilisée un an plus tôt.

Pour tout l’exercice 2020, terminé le 31 décembre, GDI affiche des revenus consolidés de 1,41 milliard et un bénéfice d’exploitation (BAIIA) ajusté de 104,9 millions, en hausses respectives de 10 % et de 35 % par rapport à l’exercice précédent en 2019.

Quant au bénéfice net pour l’année 2020, il s’est élevé à 48 millions ou 2,18 $ par action. Il s’agit de montants sept fois plus élevés que ceux comptabilisés en fin d’exercice 2019, soit 6,8 millions ou 0,32 $ par action en bénéfice net.

Dans ses commentaires aux analystes et investisseurs, mercredi, le président et chef de la direction de GDI, Claude Bigras, a indiqué que « tant que la COVID-19 demeurera un risque, nos activités de conciergerie [d’immeubles] vont continuer de bien performer puisque nos clients ont des besoins accrus pour le nettoyage, la désinfection et les services de maintenance des bâtiments, et que nous sommes bien positionnés pour répondre à leurs besoins ».

Quant aux perspectives d’affaires à moyen terme, Claude Bigras s’est gardé comme d’habitude d’énoncer des objectifs chiffrés de résultats pour les prochains trimestres.

Il a toutefois affirmé « qu’en raison de la performance exceptionnelle pendant cette pandémie, notre bilan est solide, nos ratios d’endettement sont à leur plus bas depuis plusieurs années et nous sommes dans une situation financière solide. Nous continuons de nous concentrer sur notre stratégie de croissance par acquisitions et notre solidité financière nous permettra de tirer parti des occasions stratégiques à mesure qu’elles se présenteront ».

Une acquisition logique

À ce sujet, le président et chef de la direction de GDI s’est dit « très emballé par [leur] plus récente acquisition complétée [en janvier 2021] par [la filiale américaine] Ainsworth ».

De l’avis de M. Bigras, cette récente acquisition du groupe BP, dans l’État de New York, ajoute à GDI « une compagnie bien établie dans les services de mécanique [du bâtiment] et représente la première acquisition majeure dans le marché américain pour notre division des services techniques ».

Du point de vue de l’analyste Jeff Fenwick, chez Cormark Securities à Toronto, « la récente acquisition de BP établit une tête de pont pour GDI vers le vaste marché des services techniques d’immeubles dans la région de New York ».

Par conséquent, indique M. Fenwick dans une note à ses clients-investisseurs, « la combinaison de cette stratégie de fusions et acquisitions avec les perspectives de demande soutenue pour les services d’entretien positionne GDI dans une trajectoire de solide croissance de ses résultats d’exploitation ».

Chez la Financière Banque Nationale (FBN), l’analyste montréalais Zachary Evershed estime aussi que « GDI est bien placée pour exécuter sa stratégie par fusions et acquisitions et accélérer la croissance des revenus à la sortie de la pandémie ».

C’est sur cette base que l’analyste de la FBN réitère sa cote de « surperformance » des actions de GDI par rapport à l’indice de marché à la Bourse de Toronto, avec un prix cible de 52 $ d’ici un an.

Chez Cormark Securities, l’analyste Jeff Fenwick réitère sa recommandation d’« acheter » les actions de GDI, mais avec un prix cible rehaussé à 58 $ d’ici un an.