(New York et Toronto) La Bourse de New York a terminé vendredi sans direction, le Dow Jones stagnant au terme d’une semaine maussade où les marchés se sont inquiétés de la hausse des taux obligataires.

Agence France-Presse et La Presse Canadienne

L’indice des valeurs vedette Dow Jones a conclu presque au même niveau que la veille, s’établissant à 31 494,32 points.  

Le NASDAQ, à forte coloration technologique, a grappillé 0,07 % à 13 874,46 points et l’indice élargi S&P 500 a lâché 0,19 % à 3906,71 points.

La Bourse de Toronto a clôturé en hausse, après deux journées consécutives de reculs, soutenue par l’action de Magna International et celles des producteurs de cannabis, pendant que le dollar canadien atteignait son plus haut niveau en quatre semaines.

L’indice composé S&P/TSX du parquet torontois a gagné 110,20 points pour terminer la séance avec 18 384,27 points.

« Le Canada semble offrir la meilleure performance, mais si on regarde sous le capot, c’est principalement alimenté par la consommation discrétionnaire et la santé », a souligné Macan Nia, stratège principal des placements chez Gestion de placements Manuvie.

Le secteur torontois de la consommation discrétionnaire a avancé vendredi de 3,11 %, l’action de Magna International ayant notamment bondi de 9,8 %.

Le spécialiste des pièces d’automobiles a annoncé vendredi une hausse de son dividende et ses dirigeants ont indiqué que la société devrait continuer à croître malgré la pénurie de semi-conducteurs qui sévit dans l’industrie automobile.

Le groupe de la santé a enregistré une progression presque aussi forte, de 3,06 %. Les titres de Canopy Growth, d’Aphria et de Cronos Group ont grimpé respectivement de 5,4 %, 5,3 % et 4,2 %.

Les marchés ont mis un terme à une semaine plus tranquille, les investisseurs ayant repris leur souffle après les mouvements frénétiques du début février attribuables aux investisseurs de détail participant aux forums de discussions du réseau social Reddit, a expliqué M. Nia lors d’une entrevue.

« Et je crois que cela va rester la principale histoire pour les prochaines semaines ou les prochains mois, parce qu’elle a des implications non seulement sur les marchés obligataires, mais aussi sur le passif. »

Sur le marché des devises, le dollar canadien s’est négocié au cours moyen de 79,28 cents US, en hausse par rapport à son cours moyen de 78,76 cents US de la veille. Il s’est envolé en cours de séance jusqu’à 79,41 cents US, son plus haut niveau en un mois.

Le huard pourrait atteindre le cap des 80 cents US d’ici l’été, lorsque le prix du pétrole brut devrait atteindre, selon certaines prévisions, entre 65 $ US et 70 $ US le baril, a indiqué M. Nia.

« Une grande partie des gains est déjà intégrée (aux prix), mais encore une fois, la voie de la moindre résistance, du moins à notre avis, devrait permettre au dollar canadien de grimper vis-à-vis du dollar américain. »

M. Nai s’attend en outre à voir le prix du pétrole brut grimper tout au long de 2021. Mais vendredi, il a reculé avec la reprise de la production pétrolière après les conditions météorologiques particulièrement froides dans le sud des États-Unis.

La baisse était aussi attribuable à l’amélioration des relations entre les États-Unis et l’Iran, qui pourrait entraîner une hausse de la production du pays du Moyen-Orient, alors que certains observateurs évoquent aussi une hausse prochaine de la production de l’Arabie saoudite, a expliqué M. Nia.

À la Bourse des matières premières de New York, le cours du pétrole brut a perdu 1,27 $ US à 59,26 $ US le baril, tandis que celui de l’or a pris 2,40 $ US à 1777,40 $ US l’once. Le prix du cuivre a quant à lui bondi de 17,3 cents US à 4,07 $ US la livre.

À New York, les principaux indices qui avaient repris de l’élan en début de journée, après trois séances de baisse pour le NASDAQ et le S&P 500, ne sont pas parvenus à conserver cet optimisme.  

Sur la semaine, le Dow Jones a grappillé 0,11 %, mais le NASDAQ (-1,5 %) et le S&P 500 (-0,71 %) ont fini dans le rouge.

Les investisseurs ont gardé les yeux rivés sur l’évolution à la hausse des taux obligataires, invitant le marché à faire une pause.

« Le marché est nerveux à cause de ces rendements obligataires. La question étant : est-ce que cela va continuer et faire chuter le marché ? », s’est interrogé Peter Cardillo de Spartan Capital Securities.

Le taux sur les bons du Trésor à 10 ans sont remontés vendredi à leur plus haut niveau depuis un an, à 1,3380 % contre 1,2956 % la veille.

Cette hausse des rendements obligataires a pesé au cours de la semaine sur des secteurs axés sur la croissance, comme la technologie.

Autour de 1,3 %, ces taux à dix ans « ne sont pas élevés historiquement parlant, mais ils le sont relativement pour la période récente », a estimé Art Hogan de National, rappelant qu’ils ne dépassaient pas 0,9 % le mois dernier.

La crainte des investisseurs est que l’adoption du massif plan de relance de 1900 milliards de dollars du président Joe Biden, associée aux perspectives d’un rebond de la croissance après les campagnes de vaccination, n’entraînent une surchauffe de l’économie et un risque d’inflation.

Pour s’en protéger, certains investisseurs vendent leurs titres obligataires dont le revenu fixe peut être rogné par l’inflation. Cela fait grimper le rendement de ces bons qui évolue à l’inverse de leur prix.

Dans le même temps, les institutions comme la Fed, dans les minutes de sa dernière réunion monétaire, ou le FMI dans un blogue vendredi, continuent d’assurer que les craintes d’inflation sont exagérées.

Un secteur a toutefois profité de cette remontée des taux, celui des banques. JPMorgan, Citigroup, Goldman Sachs, Wells Fargo ont grimpé de 1 % à 3 %.

IBM a perdu 1,44 %, même si son idée de céder sa branche déficitaire informatique et santé IBM Watson Health, selon la presse, a semblé plaire à plusieurs analystes.

Uber a lâché 1,03 % après une décision de justice britannique en faveur d’un vrai statut de « travailleurs » pour les chauffeurs du groupe de réservation de voiture.

Deere a grimpé de 9,91 %. Le géant américain des engins agricoles et de jardin a annoncé vendredi un bénéfice doublé pour le premier trimestre et des perspectives rayonnantes pour l’ensemble de l’année, notamment grâce à la hausse des cours sur le marché agricole.

L’action du groupe d’analyses de données et de renseignements Palantir, très volatile, a gagné 15,22 % à 29,00 dollars.