(New York) Les rendements sur les bons du Trésor américain de long terme ont atteint lundi leur plus haut niveau en un an, les acteurs du marché se préparant au plan de soutien à l’économie de l’administration Biden et ses conséquences sur la hausse des prix.

Mis à jour le 8 févr. 2021
Agence France-Presse

Le taux obligataire à 30 ans est monté jusqu’à 2,0041 % et le taux à 10 ans a, lui, touché les 1,1981 %, des niveaux plus vus depuis février 2020.

Ils sont ensuite un peu redescendus.

Depuis le début de l’année, le taux à 30 ans a progressé de près de 20 % et celui à 10 ans de 28 %.

Les titres de créance que le Trésor américain émet permettent aux États-Unis de financer ses dépenses. Le taux auquel l’État rembourse ces emprunts influe sur le montant de la dette obligataire.

Les rendements américains ont connu un coup d’accélérateur peu après des propos dimanche soir de la secrétaire au Trésor, Janet Yellen, sur les mesures de relance voulues par le président Joe Biden.

Ce dernier souhaite faire adopter un plan de sauvetage de 1900 milliards de dollars comprenant des aides pour les PME et les ménages les plus vulnérables.

« Il n’y a absolument aucune raison pour laquelle nous devrions subir une reprise longue et lente », a affirmé Mme Yellen sur CNN.

« Si le plan est voté, je m’attends à ce qu’on retrouve le plein emploi l’an prochain », a-t-elle ajouté.

La perspective d’une croissance économique robuste laisse envisager une hausse de l’inflation, ce qui a tendance à faire monter les taux obligataires.

Certains spécialistes, dont l’ex-secrétaire au Trésor de Bill Clinton, Larry Summers, ou l’ancien chef économiste du Fonds monétaire international, Olivier Blanchard, ont d’ailleurs averti que le plan d’urgence de Joe Biden pourrait faire grimper l’inflation et déstabiliser l’économie.

« Il est possible qu’un plan de relance de l’économie plus proche des niveaux de la Seconde Guerre mondiale que de ceux d’une récession normale ne déclenche une pression inflationniste d’une ampleur inédite en une génération avec des conséquences pour la valeur du dollar et la stabilité financière », a écrit M. Summers dans une récente tribune publiée dans le Washington Post.

L’inflation aux États-Unis a été en 2020 de 1,4 %, au plus bas depuis 2015.

La Banque centrale américaine (Fed) a comme objectif une inflation annuelle de 2 %, mais a récemment assoupli sa politique pour aider l’économie à se redresser de la crise de la COVID-19.