(New York) Les prix du pétrole ont repris de l’élan mardi, dans le sillage de la Bourse et d’un affaiblissement du dollar, dopés par la perspective de davantage de soutien économique aux États-Unis.

Agence France-Presse

Les investisseurs ont aussi été rassurés par le dernier rapport mensuel de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) qui estime que la demande va repartir en 2021, bien que moins que prévu.  

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mars a gagné 2,10 % ou 1,15 dollar par rapport à la clôture de la veille, à 55,90 dollars.

Le baril américain de WTI pour le mois de février a avancé de 1,18 % ou 62 cents, à 52,98 dollars.

La trajectoire des cours du brut, timidement à la hausse en début de séance, s’est accélérée lorsque Janet Yellen, la future secrétaire au Trésor, nommée par Joe Biden, a vigoureusement plaidé devant une commission du Congrès pour l’augmentation des dépenses d’aide à l’économie, reportant la gestion du déficit.

Il faut « voir grand », a argumenté Mme Yellen lors de son grand oral devant des sénateurs américains. « La pandémie a dévasté » l’économie américaine, a-t-elle rappelé. « Les dommages sont énormes […], notre réponse doit l’être également ».  

Un dollar en repli par rapport à un panier d’autres grandes monnaies et à l’euro (-0,37 % à 15 h) a aussi été favorable aux échanges de matières premières.

Le rapport de l’AIE rendu public mardi a par ailleurs fait état de commentaires plutôt optimistes pour la solidité de la reprise de la demande d’or noir, mais révise légèrement son volume à la baisse, de 0,6 million de barils par jour pour le premier trimestre et de quelque 0,3 million pour l’ensemble de l’année.

La demande mondiale est maintenant attendue en rebond de 5,5 millions de barils par jour (mb/j) en 2021, à 96,6 mb/j après une chute de 8,8 mb/j l’an dernier.

Le rapport hebdomadaire sur les stocks pétroliers américains ne sera publié que vendredi 22 à 11 h, au lieu du mercredi habituel, en raison des cérémonies d’inauguration du président Joe Biden.

« Il faudra plus de temps pour que la demande pétrolière se reprenne pleinement, car les nouveaux confinements dans un certain nombre de pays pèsent sur les ventes de carburants », a noté l’AIE.

« Il n’est pas surprenant, au vu des commentaires de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) la semaine dernière, que l’AIE ait réduit ses prévisions concernant la demande de pétrole en 2021 », a réagi Stephen Innes, d’Axi.

Les membres du cartel et leurs alliés ont opté en début d’année pour la prudence face à la circulation toujours active de la COVID-19 et malgré le début des campagnes de vaccination à travers le monde.

Les cours des deux contrats de référence du brut restent néanmoins à un niveau relativement élevé, non loin de leurs derniers plus hauts depuis la fin du mois de février 2020 touchés mercredi dernier, à respectivement 57,42 dollars et 53,93 dollars le baril.