(New York et Toronto) La Bourse de New York a terminé en hausse mardi, reprenant une partie du terrain perdu la veille, alors que les marchés sont suspendus aux résultats d’élections sénatoriales clés en Géorgie qui vont déterminer qui contrôlera le Congrès américain.

Agence France-Presse et La Presse Canadienne

Selon des résultats définitifs, l’indice des valeurs vedettes Dow Jones a avancé de 0,55 % à 30 391,60 points. Le NASDAQ, à forte concentration technologique, a grimpé de 0,95 % à 12 818,96 points.

L’indice élargi S&P 500 a gagné 0,71 % à 3726,86 points.

L’indice de référence de la Bourse de Toronto a clôturé à son plus haut niveau depuis février, alimenté par un bond du cours du pétrole brut, qui a atteint son plus haut niveau en 10 mois.

L’indice composé S&P/TSX du parquet torontois a gagné 154,74 points pour terminer la journée avec 17 682,51 points. En tout, huit des onze secteurs du TSX ont avancé.

Sur le marché des devises, le dollar canadien s’est négocié au cours moyen de 78,70 cents US, en hausse par rapport à son cours moyen de 78,43 cents US de la veille.

Ailleurs à la Bourse des matières premières de New York, le cours de l’or a gagné 7,80 $ US à 1954,40 $ US l’once, tandis que celui du cuivre a bondi de 8,5 cents US à 3,64 $ US la livre.

Le secteur clé de l’énergie a grimpé de 7,3 % à Toronto, le prix du baril de brut ayant dépassé brièvement le cap des 50 $ US pour la première fois en près d’un an.

Le prix a rebondi notamment parce que l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) a signalé qu’elle maintiendrait sa production constante jusqu’à sa réunion de février et que l’Arabie saoudite pourrait instituer une réduction de sa production.

Certains craignaient que le cartel pétrolier ne commence à normaliser la production alors même que des pays entament de nouveaux confinements en raison de la pandémie de COVID-19, a affirmé Greg Taylor, directeur des investissements chez Purpose Investments.

« Mais il semble maintenant que l’OPEP joue la balle et essaie d’augmenter le prix et cela se manifeste vraiment dans l’évaluation des compagnies pétrolières aujourd’hui », a-t-il observé lors d’une entrevue.

Le cours du baril de référence aux États-Unis, le West Texas Intermediate, a gagné près de 5 %.

Le contrat à terme pour livraison en février sur le pétrole brut a gagné mardi 2,31 $ US à 49,93 $ US le baril à la Bourse des matières premières de New York.

Après avoir oscillé autour de 40 $ US pendant une grande partie de l’été, cette nouvelle hausse près de 50 $ US est bonne pour les producteurs de pétrole dont les modèles commerciaux fonctionnent mieux s’ils commencent à générer plus de liquidités.

M. Taylor a affirmé que de nombreux investisseurs avaient ignoré le secteur de l’énergie par peur des fluctuations de la matière première.

« Mais si le prix pouvait rester au-dessus de 50 $ US, ces entreprises représentent d’incroyables aubaines et pourraient vraiment se préparer à enregistrer de bons gains dans l’année. »

Suffrage épié

Alors que la veille, à cause de l’incertitude du suffrage en Géorgie, le marché des actions avait sévèrement trébuché avec une baisse de plus de 1,2 % des trois indices new-yorkais, les indices se sont redressés, pour les mêmes raisons mardi.

Les investisseurs ont surveillé comme du lait sur le feu le déroulement de cette double élection sénatoriale, un suffrage clé « qui va déterminer l’orientation du Congrès », ont rappelé les analystes de Wells Fargo.

Si les deux candidats démocrates gagnent ces sièges dans cet État du sud d’habitude conservateur, cela permettra au parti de Joe Biden de contrôler à la fois la Chambre des représentants et le Sénat.

« Le meilleur commentaire que l’on puisse faire est de ne pas prêter trop d’attention » à l’interprétation des marchés mardi, a résumé Gregori Volokhine de Meeschaert Financial Services.

« Soit les investisseurs voient une victoire d’au moins un républicain en Géorgie et en déduisent que c’est positif pour le marché, car il y aura blocage politique et pas de hausses d’impôts », explique l’analyste. « Soit ils voient une victoire des démocrates, et ils espèrent alors davantage de stimulus, ce qui est aussi bon pour le marché ».

Les résultats, qui s’annoncent serrés, pourraient mettre plusieurs jours à être déterminés.

Dix des onze secteurs du S&P 500 étaient dans le vert, tirés par celui de l’énergie (+4,53 %) alors que les cours du brut se sont envolés après un accord au sein de l’OPEP+. Les producteurs se sont mis d’accord pour n’augmenter qu’à la marge la production d’or noir, favorisant le soutien des cours.

Sur le front économique, la bonne tenue de l’indice d’activité manufacturière (ISM) aux États-Unis pour décembre, meilleur que prévu, a aussi soutenu le moral des investisseurs. L’indice ISM a grimpé de 3,2 points de pourcentage par rapport à novembre, pour s’établir à 60,7 %, son plus haut niveau de 2020.

Le titre Boeing, en terminant en hausse de 4,37 %, a quasiment repris tout ce qu’il avait perdu la veille. Les pétrolières ont retrouvé des couleurs, dans le sillage de la hausse des prix du brut, Chevron engrangeant +2,74 % et ExxonMobil +2,01 %.

Alors que le New York Stock Exchange (NYSE) est revenu de façon surprise lundi soir sur sa décision de retirer de la cote trois sociétés chinoises du secteur des télécoms, les titres de ces groupes ont explosé : +9,27 % pour China Mobile à 29,35 dollars, +8,83 % pour China Telecom à 28,34 dollars et +11,82 % pour China Unicom à 6,15 dollars.

Sur le marché obligataire, le rendement à 10 ans sur les bons du Trésor montait à 0,9499 % contre 0,9132 % lundi.