(New York) Les prix du pétrole ont hésité sur la direction à suivre mardi à New York et à Londres, au lendemain d’une forte hausse, dans un climat plutôt optimiste quant à une reprise de la demande mondiale au moment où l’offre se résorbe.

Agence France-Presse

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juillet coté à Londres a lâché 16 cents, ou 0,5 %, pour finir à 34,65 dollars.

À New York, le baril américain de WTI pour livraison en juin, dont c’était le dernier jour de cotation, a gagné 68 cents, ou 2,1 %, pour finir à 32,50 dollars.  

Le marché n’a ainsi pas reproduit l’épisode quasi traumatique du 20 avril, quand le prix du baril de WTI pour livraison en mai était passé au-dessous de zéro à la veille de son expiration.  

Les espaces de stockage se rapprochant de la saturation, ceux qui possédaient encore des barils avaient alors dû payer pour s’en débarrasser, faisant tomber le cours à -37 dollars.

La demande en énergie s’est depuis un peu redressée avec l’assouplissement des mesures de restrictions de déplacement et de confinement aussi bien en Asie, en Europe, que dans certains États américains, tandis que la production a reculé.  

« Il y a deux facteurs principaux à même de soutenir les prix du brut », rappelle Paola Rodriguez Masiu, analyste au sein de Rystad, « une offre qui diminue et une demande qui augmente. Ces deux facteurs sont réunis en ce moment ».  

« Les coupes de l’OPEP+ sont effectives et les arrêts de production d’autres pays producteurs contribuent à limiter l’excès de brut. Dans le même temps, les mesures de confinement sont levées petit à petit dans le monde entier et l’économie a besoin d’essence pour redémarrer », a-t-elle ajouté.

L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et leurs alliés via l’accord OPEP+ ont mis en place depuis le 1er mai un nouveau plan de réduction volontaire de leur production d’or noir pour descendre à des niveaux plus cohérents avec ceux de la demande, sabrée par les mesures de lutte contre la pandémie de COVID-19.

Cette coupe de 9,7 millions de barils par jour sur deux mois doit même être complétée par des retraits du marché de barils supplémentaires par l’Arabie saoudite, le Koweït et les Émirats arabes unis.

« Les premières remontées sur le respect des quotas » par les membres de l’accord « sont impressionnantes », souligne Phil Flynn de Price Futures Group. « Selon certaines informations, la Russie, qui traîne habituellement plutôt des pieds, a déjà atteint 93 % de son objectif », ajoute-t-il.  

Dans le même temps, les extractions aux États-Unis, premier producteur mondial, reculent depuis plusieurs semaines et sont revenues à leur niveau de novembre 2018 après avoir atteint un niveau historique mi-mars.