(Londres) Le prix du baril de référence aux États-Unis continuait de progresser lundi, aidé par les réductions de la production et la perspective d’une reprise de la demande à mesure que les pays se déconfinent et relancent leurs économies.

Agence France-Presse

Vers 10 h 05, le baril américain de WTI pour livraison en juin grimpait de 10,30 % à New York par rapport à la clôture de vendredi, à 32,46 dollars. Il avait franchi dès le début de séance le seuil symbolique des 30 dollars, une première depuis le 17 mars.

À Londres, celui de Brent de la mer du Nord pour livraison en juillet valait de son côté 34,69 dollars, en hausse de 6,74 %, peu après avoir frôlé les 35 dollars.

La semaine passée, le Brent est monté de 5 % et le WTI a décollé de 19 %, après avoir déjà terminé en hausse les deux semaines précédentes.

« Les coupes côté offre, combinées à la réouverture progressive de plusieurs pays dans le monde, ont considérablement réduit le déséquilibre entre l’offre et la demande », a estimé Craig Erlam, de Oanda.  

Elles ont également allégé le risque qui pèse « sur le stockage du brut, qui avait déclenché un effet de panique le mois dernier », a-t-il ajouté.

L’annonce par un laboratoire américain de résultats préliminaires encourageants d’essais cliniques sur un vaccin contre le nouveau coronavirus était également facteur de soutien aux cours de l’or noir.

Les prix du brut sont en convalescence depuis plusieurs semaines après l’épisode quasi traumatique du passage en dessous de zéro dollar du cours du WTI pour livraison en mai le 20 avril dernier, à la veille de sa date d’expiration.

Depuis, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et leurs alliés ont mis en place de nouvelles réductions volontaires de leur production d’or noir pour descendre à des niveaux plus cohérents avec ceux de la demande, sabrés par la pandémie de COVID-19.

Le cartel et ses principaux partenaires ont ainsi mis en place une coupe de 9,7 millions de barils par jour sur deux mois, une mesure exceptionnelle entrée en vigueur le 1er mai.

Depuis, l’Arabie saoudite, le Koweït et les Émirats arabes unis ont annoncé vouloir diminuer encore davantage leur production de brut, dans un contexte d’offre toujours excédentaire et de stockage proche de ses limites.

« Le prix d’aujourd’hui reflète l’optimisme du marché », ont expliqué les analystes de S&P Global Platts dans une note.

Le niveau de la demande « se rétablit partiellement, les gens utilisant de nouveau leurs voitures, mais d’autres secteurs comme l’aérien connaissent une reprise plus lente », ont-ils ajouté.

Malgré « toute cette euphorie, nous pensons cependant qu’il faut rester prudent », avait tempéré plus tôt dans la journée Eugen Weinberg, de Commerzbank.  

« Il faudra probablement attendre quelques années avant que la demande retrouve son niveau d’avant la crise », a-t-il prévenu.