(New York et Toronto) La Bourse de New York a nettement reculé mercredi après une intervention du patron de la Réserve fédérale, qui a prévenu que les dégâts causés par le nouveau coronavirus pourraient avoir un impact durable sur l’économie américaine.

Agence France-Presse et La Presse canadienne

Son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, a perdu 2,17 % à 23 247,97 points.

Le NASDAQ, à forte coloration technologique, a cédé 1,55 % à 8863,17 points.

L’indice élargi S&P 500, qui représente les 500 plus grandes entreprises de Wall Street, a reculé de 1,75 % à 2820,00 points.

L’indice composé S&P/TSX de la Bourse de Toronto a reculé de 377,95 points pour terminer la séance avec 14 503,21 points.

Les onze secteurs du parquet torontois ont retraité, ceux de la santé et de l’énergie en tête avec des déclins de 5,78 % et 5,63 % respectivement. Le groupe de la finance a pour sa part rendu 3,86 %.

Sur le marché des devises, le dollar canadien s’est négocié au cours moyen de 71,06 cents US, en baisse par rapport à son cours moyen de 71,35 cents US de la veille.

À la Bourse des matières premières de New York, le cours du pétrole brut a retraité de 65 cents US à 25,68 $ US le baril, tandis que celui de l’or a pris 9,60 $ US à 1716,40 $ US l’once. Le prix du cuivre a effacé 1,3 cent US pour terminer la journée près de 2,35 $ US la livre.

Jerome Powell, le patron de la Banque centrale américaine, a prévenu mercredi dans un discours que les dommages de la pandémie sur la première économie mondiale pourraient être « durables », ce qui justifie selon lui des plans d’aide d’urgence « coûteux », mais incontournables pour éviter une profonde récession.

M. Powell a jugé que des aides supplémentaires pourraient s’avérer nécessaires pour répondre au choc économique.

Selon JJ Kinahan de TD Ameritrade, le président de la Fed « a fait de son mieux, mais le marché a jugé que son intervention était le signal que la Bourse s’était montrée trop optimiste sur le redémarrage de l’économie » américaine.

Après avoir touché des plus bas sur l’année mi-mars, les indices new-yorkais ont en effet entamé une spectaculaire remontrée jusque début mai, alors même que les indicateurs économiques ont montré les uns après les autres les ravages causés par le coronavirus sur l’activité des États-Unis.

« Ce que le marché cherche à savoir c’est comment les États-Unis rouvrent leur économie, à quelle vitesse et s’ils le font avec prudence », résume Quincy Krosby de Prudential.

« La possibilité de nouveaux foyers de contamination, voire d’une deuxième vague qui contraindrait le pays à se confiner à nouveau, incite à la précaution », ajoute l’experte, qui précise que la situation en Asie et en Europe, où le déconfinement a commencé plus tôt, était observée de près.

Escalade

Par ailleurs, les acteurs du marché sont restés attentifs mercredi au regain de tensions entre les États-Unis et la Chine, qui pourrait aggraver le ralentissement de l’économie mondiale.

L’administration américaine a affirmé à de multiples reprises disposer de preuves selon lesquelles le nouveau coronavirus proviendrait d’un laboratoire de la ville de Wuhan, berceau de la pandémie.

Pékin a vigoureusement démenti ces accusations, les qualifiant de mensongères et insensées.

L’escalade verbale entre Pékin et Washington a pesé sur le secteur des semi-conducteurs, généralement considéré comme le baromètre des relations entre les deux pays. De nombreuses entreprises américaines produisent et distribuent leurs puces en Chine. Le titre Intel a perdu 1,11 %, celui de Micron Technology 4,73 % et l’action Texas Instruments 2,35 %.

Uber est monté de 1,91 %. Une source bancaire a confirmé mercredi à l’AFP que la plateforme de réservations de voitures avec chauffeur avait entamé des négociations avec le spécialiste de la livraison de repas à domicile Grubhub (-3,73 %) en vue d’un rachat. Mais selon cette même source, les discussions achoppent pour l’heure sur le prix de la transaction, qui « n’est pas imminente ».

Sur le marché obligataire, le taux à 10 ans sur la dette américaine reculait, s’établissant à 0,6541 % contre 0,6651 % la veille à la clôture.