(New York et Toronto) Wall Street a fini en hausse lundi dans un marché plutôt confiant sur la réouverture progressive de l’économie de nombreux États américains malgré la persistance de multiples incertitudes.

Agence France-Presse et La Presse canadienne

Son indice vedette, le Dow Jones a fini in extremis dans le vert, grappillant 0,11 % à 23 749,76 points après avoir passé la majorité de la séance dans le rouge.  

Le NASDAQ, porté par la bonne santé de plusieurs géants de la tech, est monté plus franchement, gagnant 1,23 % à 8710,71 points.

La Bourse de Toronto a enregistré une solide fin de séance et son secteur de l’énergie l’a aidée à clôturer en hausse, soutenue par le cours du pétrole brut, qui a atteint son plus haut niveau en deux semaines.

L’indice composé S&P/TSX du parquet torontois a avancé de 124,70 points pour terminer la journée avec 14 745,04 points.

Huit des onze secteurs du TSX ont progressé lundi, en particulier ceux des technologies de l’information et des matériaux.

Sur le marché des devises, le dollar canadien s’est négocié au cours moyen de 71,00 cents US, en baisse par rapport à son cours moyen de 71,09 cents US de vendredi.

À la Bourse des matières premières de New York, le cours du pétrole brut a grimpé de 61 cents US à 20,39 $ US le baril, tandis que celui de l’or a avancé de 12,40 $ US à 1713,30 $ US l’once. Le prix du cuivre a grimpé d’un demi-cent US à 2,31 $ US la livre.

Le NASDAQ a notamment profité de la progression de Microsoft (+2,45 %), Amazon (+1,31 %) ou encore Netflix (+3,10 %), qui affichent des performances globalement solides depuis le début de la crise liée au coronavirus.

« Quand l’économie est dans une période difficile, les entreprises capables de générer de la croissance sont populaires », note Alan Skrainka de Krilogy.

Le S&P 500, qui représente les 500 plus grandes entreprises de Wall Street, a lui gagné 0,42 % à 2842,74 points.

Les investisseurs ont semblé bien accueillir la décision de plus de 35 des 50 États américains de commencer à lever les strictes mesures de confinement ou d’être sur le point de le faire.

« On nous a présenté deux options depuis le début de la pandémie : mettre l’économie à l’arrêt pour sauver des vies ou rouvrir l’économie pour sauver l’emploi », résume M. Skrainka.

« Je pense que c’est un faux choix, car il existe une troisième option : c’est d’ouvrir l’économie de manière responsable », estime-t-il.

Le bilan mondial du coronavirus continuait pourtant de s’alourdir avec près de 250 000 décès dans le monde, selon un bilan établi par l’AFP à partir de sources officielles lundi à 15 h.

Aux États-Unis, de multiples modèles épidémiologiques suggèrent que la barre des 100 000 morts sera franchie dès le mois de juin.

Sur le plan économique, la situation reste extrêmement précaire, 30 millions d’Américains ayant fait une demande d’allocation chômage depuis le début de la crise de la COVID-19.

Le marché prendra connaissance vendredi des chiffres mensuels sur l’emploi aux États-Unis en avril, les premiers à prendre intégralement en compte l’impact du confinement.

Tensions

Wall Street se montrait par ailleurs soucieuse face à l’escalade des tensions entre Washington et Pékin sur fond d’accusations américaines autour de l’origine supposée du nouveau coronavirus.

Le secteur aérien a été à la peine lundi, fragilisé par des déclarations de l’investisseur milliardaire Warren Buffett.

Lors de l’assemblée générale de sa société de portefeuille Berkshire Hathaway samedi, M. Buffett a révélé avoir vendu en avril tous ses avoirs détenus dans les grandes compagnies aériennes américaines, frappées de plein fouet par le net ralentissement du transport.

Conséquence sur les marchés lundi : American Airlines a chuté de 7,71 %, Delta Air Lines de 6,43 %, United Airlines de 5,11 % et Southwest Airlines de 5,71 %.

Le géant américain de la viande Tyson Foods a, lui, dégringolé de 7,82 %.

L’entreprise a fait part lundi d’un fort recul de son chiffre d’affaires trimestriel en raison du dérèglement de la chaîne d’approvisionnement et de distribution alimentaire après la fermeture de plusieurs abattoirs menacés par la propagation du coronavirus.

Donald Trump a toutefois signé un décret la semaine dernière pour ordonner aux usines d’abattage et de transformation des bovins, porcs et volailles de rester ouverts malgré la pandémie.

Sur le marché obligataire, le taux à 10 ans sur la dette américaine progressait, à 0,6272 % contre 0,6118 % vendredi soir.