(New York et Toronto) La Bourse de New York a conclu en hausse jeudi une semaine écourtée sur les marchés, les investisseurs accueillant positivement de nouvelles mesures de la Réserve fédérale pour soutenir l’économie américaine.

Agence France-Presse et La Presse canadienne

Son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, a progressé de 1,22 %, à 23 719,37 points.

Le NASDAQ, à forte coloration technologique, a gagné 0,77 %, à 8153,58 points.

Le S&P 500, qui représente les 500 plus grandes entreprises de Wall Street, s’est apprécié de 1,45 %, à 2789,82 points.

Sur l’ensemble de la semaine, le Dow Jones a grimpé de 11,3 %, le NASDAQ de 10,6 % et le S&P 500 de 12,1 %, ce dernier connaissant sa plus forte progression hebdomadaire depuis 1974.

L’indice phare de la Bourse de Toronto a mis fin jeudi à sa meilleure semaine en plus d’une décennie, une intervention massive de la Réserve fédérale ayant eu le dessus sur la publication de faibles données sur le marché de l’emploi des deux côtés de la frontière.

L’indice S&P/TSX de la Bourse de Toronto a gagné 240,92 points pour terminer la séance avec 14 166,63 points, ce qui constitue son plus haut cours de clôture en près d’un mois. Les marchés boursiers nord-américains seront fermés vendredi pour le congé du Vendredi saint.

Sur l’ensemble de la semaine, le S&P/TSX a cumulé une progression de 9,5 %.

Huit des onze secteurs du parquet torontois ont avancé jeudi, celui des matériaux s’étant distingué avec un gain de 6,93 %. Les groupes de la consommation discrétionnaire et de la santé avec des hausses de 3,92 % et 2,61 % respectivement. Les secteurs des biens de consommation de base, de l’énergie et des télécommunications ont retraité.

Par contre, l’économie canadienne a vu disparaître un million d’emplois le mois dernier, tandis que les nouvelles demandes de prestations d’assurance-emploi aux États-Unis ont dépassé le cap des six millions pour une deuxième semaine consécutive.

Sur le marché des devises, le dollar canadien s’est négocié au cours moyen de 71,51 cents US, en hausse par rapport à son cours moyen de 71,26 cents US de la veille.

À la Bourse des matières premières de New York, le cours du pétrole brut a reculé de 2,33 $ US à 22,76 $ US le baril, tandis que celui de l’or a pris 68,50 $ US à 1752,80 $ US l’once. Le prix du cuivre est resté essentiellement stable à 2,26 $ US la livre.

Prudence

Plusieurs analystes appelaient toutefois à la prudence dans un marché qui reste fragile et soumis à de vifs mouvements dans un sens comme dans l’autre, au gré des développements de la pandémie de coronavirus.

« Il n’y a aucune raison de croire que la volatilité va se dissiper », avertit ainsi JJ Kinahan de TD Ameritade.

« Le sentiment des marchés peut changer d’une semaine à l’autre », rappelle l’expert.

Au chevet de l’économie américaine depuis le début de la crise du coronavirus, la Banque centrale des États-Unis a annoncé jeudi 2300 milliards de dollars de nouveaux prêts, destinés particulièrement aux entreprises et aux collectivités locales frappées par la pandémie.

Lors d’une intervention vidéo pour la Brookings Institution à Washington, le patron de la Fed, Jerome Powell, s’est voulu rassurant, affirmant qu’il y avait de grandes chances pour que la reprise économique soit solide aux États-Unis, malgré le choc du coronavirus.

Les nouvelles mesures de la Fed ont rassuré les marchés et limité l’impact de la flambée du nombre de nouveaux demandeurs d’allocations chômage aux États-Unis.

Quelque 6,6 millions de nouvelles inscriptions hebdomadaires ont en effet été enregistrées, un chiffre qui reste exceptionnellement élevé pour la troisième semaine de suite, selon les données publiées jeudi par le département du Travail.

« Les mesures de relance annoncées par la Fed ont pesé plus lourd que le rapport sur les allocations chômage », résume M. Kinahan.

Disney sourit

Comme la plupart des places financières américaines, Wall Street sera fermé vendredi à l’occasion des fêtes de Pâques et rouvrira lundi matin.

Sur le marché obligataire, le taux à 10 ans sur la dette américaine était en baisse, s’établissant à 0,7191 % vers 16 h 25 contre 0,7722 % la veille à la clôture.

Au rang des valeurs, Disney est monté de 3,4 %. Le groupe a annoncé mercredi que sa plateforme de vidéo en streaming du groupe Disney +, lancée en Europe il y a deux semaines, avait passé la barre des 50 millions d’abonnés dans le monde.

Starbucks a pris 3,2 %. La chaîne de cafés a dit mercredi en fin de journée s’attendre à une chute conséquente de ses revenus au deuxième trimestre et a annoncé suspendre son programme de rachat d’actions. Le groupe a toutefois affirmé qu’il continuerait de verser des dividendes à ses actionnaires.

L’application de visioconférence Zoom a gagné 5,7 % après avoir annoncé des mesures pour renforcer la sécurité de ses appels. Selon le Financial Times, le Sénat américain fait partie des institutions qui déconseillent désormais à ses membres d’utiliser Zoom, craignant des tentatives de piratage.