(Paris) L’optimisme a pris le dessus mercredi sur les marchés, le déblocage de 2000 milliards de dollars aux États-Unis et un plan de soutien de 1100 milliards d’euros en Allemagne ayant redonné aux investisseurs un peu de sérénité.

Angélina BOULESTEIX
Agence France-Presse

Malgré un essoufflement en milieu de séance, les Bourses européennes – qui avaient toutes grimpé en flèche la veille – ont conforté leur rebond mercredi.

Paris a clôturé en hausse de 4,47 %, Londres de 4,45 % et Francfort de 1,79 %. Milan et Madrid n’ont pas été en reste avec des progressions de respectivement 1,74 % et 3,35 %.

Le vert prédominait aussi outre-Atlantique où, vers 17 h 20 GMT, l’indice Dow Jones Industrial Average prenait 5,53 %. Le NASDAQ, à forte coloration technologique, gagnait 2,49 % tandis que le S&P 500, qui représente les 500 plus grandes entreprises de Wall Street, progressait de 4,14 %.

La Bourse new-yorkaise avait déjà flambé mardi, stimulée par une nouvelle salve de mesures annoncées la veille par la banque centrale américaine et par l’anticipation d’un accord imminent au Sénat américain sur un vaste plan pour soutenir la première économie mondiale, durement frappée par la pandémie de coronavirus. Le Dow Jones avait notamment bondi de 11,37 %, sa plus forte progression sur une séance depuis 1933.

« Il y a un soulagement par rapport à la prise de conscience et à la réponse globale à la crise que l’on est en train de traverser avec des mesures assez fortes prises aux États-Unis et très importantes aussi du côté européen », note auprès de l’AFP Andrea Tuéni, un analyste de Saxo Banque.

Après plusieurs jours de tractations intenses, la majorité républicaine et l’opposition démocrate se sont accordées sur un texte majeur qui va mobiliser autour de 2000 milliards de dollars à destination des salariés, des entreprises, des hôpitaux et des collectivités.

De leur côté, les députés allemands ont voté mercredi des mesures globales d’un montant proche de 1100 milliards d’euros pour défendre la première économie européenne.

« Ce plan est très important en taille, mais il semble aussi cibler bien la problématique de la pérennité de l’activité », souligne auprès de l’AFP Didier Saint-Georges, membre du comité d’investissement chez Carmignac.

« Car l’enjeu, pour les gouvernements qui ont fait le choix du confinement pour enrayer la propagation, est qu’une récession de deux mois ne se transforme pas, par le biais des faillites, en récession de deux ans », ajoute-t-il.

Menace sur « l’humanité entière »

Reste que si « les mesures de soutien permettent de créer une base sur laquelle on pourra construire un rebond durable à l’avenir », juge M. Tuéni, elles ne seront pas suffisantes à court terme pour assurer une reprise des marchés.  

« Tant qu’on n’a pas d’indication positive par rapport à l’évolution de la pandémie, des chiffres un peu plus contenus sur les nouveaux décès ou les nouvelles contaminations, il va être très compliqué d’avoir un rebond sain et durable sur le marché », poursuit-il.

Si le bout du tunnel semble en vue en Chine, où les restrictions drastiques imposées depuis des mois dans la province du Hubei, épicentre de la pandémie, ont été levées mercredi, sauf dans la capitale régionale Wuhan, la situation reste très difficile ailleurs.

Alors que l’Inde est entrée en confinement, le coronavirus a tué plus de 20 000 personnes dans le monde, dont une nette majorité en Europe.

Elle menace « l’humanité entière », selon le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, qui a lancé un « Plan de réponse humanitaire mondial » s’étendant jusqu’à décembre, assorti d’un appel à des dons à hauteur de 2 milliards de dollars.

Les prix du pétrole, ballottés mercredi entre plan de relance, guerre des prix et stocks américains, évoluaient un peu au-dessus de leurs niveaux de clôture de la veille. Vers 13 h 15, le baril de Brent gagnait 0,33 % et celui de WTI 1,71 %.

Côté changes, l’euro accentuait sa hausse face au dollar (+0,57 % à 1,0843 dollar).

Quant au marché de la dette, il a terminé sans grand changement mercredi. Seul le taux allemand à dix ans s’est tendu, conséquence du plan de soutien géant adopté dans le pays.