Les titres de plusieurs entreprises attrayantes, mais jugés pleinement évalués ou trop chers il y a à peine un mois, sont aujourd’hui en « solde » aux yeux de certains investisseurs.

Richard Dufour Richard Dufour
La Presse

C’est le cas du gestionnaire de portefeuille montréalais Lorne Steinberg, de la firme de gestion de patrimoine qui porte son nom.

« Nous venons d’acheter des actions d’entreprises comme Google, Disney, Unilever et Diageo pour en nommer quelques-unes », souligne Lorne Steinberg dans une lettre envoyée à ses clients lundi.

« Berkshire Hathaway [le conglomérat dirigé par Warren Buffett] possède aussi des liquidités abondantes et je n’ai aucun doute que nous allons bientôt apprendre que ces liquidités ont été déployées. Nous traversons un classique moment Buffett », souligne Lorne Steinberg.

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La récente pression sur les grandes banques canadiennes en Bourse s’explique de deux façons, selon les gestionnaires chez Medici.

« Le premier facteur est la chute du prix du baril de pétrole qui pourrait causer une hausse des pertes sur prêts. Le deuxième est la baisse des taux d’intérêt qui met de la pression sur la marge d’intérêt nette des banques. La marge d’intérêt nette est l’écart entre le taux que paie la banque pour collecter des dépôts et le taux qu’elle obtient sur les prêts qu’elle émet. Lorsque cette marge est réduite, les profits des banques tendent à diminuer à court terme », indique Medici dans une communication à ses clients.

« Il faut cependant mentionner que les banques sont aujourd’hui beaucoup mieux réglementées et plus de deux fois mieux capitalisées que lors de la crise financière de 2008-2009. Et depuis 2015, moment de la première baisse importante du cours du baril de pétrole, les grandes banques ont réduit considérablement leur exposition aux sociétés gazières et pétrolières. »

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Les experts chez Jarislowsky Fraser disent observer que les investisseurs procèdent à la vente de leurs titres les plus liquides.

« Cela se traduit par des évaluations boursières déconnectées des facteurs fondamentaux. Pour les investisseurs patients et de long terme, ceci représente une opportunité attrayante d’achat de titres de qualité », est-il précisé dans un message à l’intention des clients.

« Nous nous attendons à ce que les marchés répondent avec enthousiasme lorsqu’on verra des signaux indiquant que la situation est sous contrôle. »

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Le spécialiste montréalais des simulateurs de vol CAE a gagné une recommandation d’achat lundi. L’analyste Doug Taylor, chez Canaccord, souligne que la chute précipitée du cours de CAE rend le titre attrayant. Sa cible sur 12 mois est cependant charcutée de 45 %, à 23 $.

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Bombardier semble particulièrement vulnérable dans l’environnement qui prévaut pour le secteur des jets d’affaires, affirme l’analyste Richard Aboulafia, du Teal Group. « L’entreprise est extrêmement dépendante du segment des jets haut de gamme. Il y a deux mois, ce n’était pas un problème, mais ça regarde mal aujourd’hui. Et se débarrasser du remarquable Alain Bellemare il y a quelques semaines est aussi une grave erreur », écrit-il dans sa lettre mensuelle publiée lundi.

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Les répercussions de la COVID-19 sont fortement ressenties par le fabricant de vêtements montréalais Gildan et mènent à une suspension temporaire de ses activités en usine ainsi qu’au retrait, cette semaine, de ses prévisions pour l’exercice. « L’action a bien réagi, possiblement en raison des liquidités d’environ 600 millions dont profite l’entreprise, ce qui positionne bien Gildan pour survivre à cette crise », commente Stephen MacLeod, de la BMO, dans une note publiée lundi.

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« Cette crise crée déjà des opportunités exceptionnelles d’achat. Ceux qui disposent encore d’encaisse devraient commencer à réinvestir davantage dans le marché boursier », souligne le gestionnaire de portefeuille Martin Lalonde, de la firme Rivemont, dans une lettre à ses clients datée du 16 mars.

« Lorsque le marché aura retrouvé un certain niveau de stabilité, nous croyons qu’il s’agira du meilleur moment pour acheter des actions au cours de la dernière décennie. C’est le genre d’occasion qui ne se présente que quelques fois dans une vie et qui peut positionner votre portefeuille pour des rendements exceptionnels pour les années à venir. »

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« Pour les moins jeunes, la crise causée par la pandémie n’a rien de comparable avec la crise financière de 2008, durant laquelle le système capitaliste en entier a été mis à l’épreuve. Il s’agit pour l’instant d’une pause et la vitesse de la reprise dépendra de la durée de cet arrêt. Bref, comme par le passé, le temps sera votre ami », indique le gestionnaire d’actifs montréalais Claret dans une communication transmise à ses clients.

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« Nous nous remettrons de cette crise et cette correction sera un jour un lointain souvenir », écrit le gestionnaire Charles Marleau, de Gestion Palos, dans un message envoyé à ses clients. « Nous devons nous rappeler que l’histoire a démontré à maintes reprises que le meilleur moment pour investir est lorsque les prix sont dépréciés. De nombreuses preuves empiriques suggèrent que lorsque les mauvaises choses se retournent pour le mieux, la Bourse évolue si vite qu’il n’y a pas assez de temps pour saisir les opportunités. »