(Paris) Restés de marbre lundi après les annonces spectaculaires de la Réserve fédérale américaine (Fed), les marchés ont finalement choisi de voir le verre à moitié plein mardi, rebondissant nettement tandis que des nouvelles un peu meilleures parvenaient du front sanitaire.

Agence France-Presse

Portées par la vigueur des Bourses asiatiques, qui ont clôturé mardi sur des hausses allant de 2 % à plus de 4 %, Tokyo s’envolant même de quelque 7 %, les principales places européennes se sont elles aussi reprises.

Paris a terminé sur un rebond de 8,39 %, Francfort de 10,11 % et Londres de 9,05 %. L’optimisme a également été de mise à Milan (+8,93 %) et Madrid (+7,82 %). À Amsterdam, l’indice a même réalisé sa plus forte hausse quotidienne (+8,97 %) depuis le début de la crise financière en 2008.

« Le marché est impressionné par l’ensemble des mesures qui sont prises à la fois par les banques centrales et par les gouvernements en matière fiscale et attend notamment » d’en savoir plus sur le plan de soutien à l’économie américaine, actuellement débattu « entre les deux chambres aux États-Unis », a analysé Daniel Larrouturou, gérant actions chez Dôm Finance, interrogé par l’AFP.

À la mi-séance, vers 14 h, Wall Street affichait de fortes hausses : l’indice vedette Dow Jones Industrial Average montait de 7,96 %, celui de l’indice élargi S&P 500 de 6,21 % et celui du NASDAQ, à forte coloration technologique, de 5,14 %.

La Banque centrale américaine a annoncé une nouvelle salve de mesures – dont l’achat illimité d’obligations ainsi que divers mécanismes d’aide directe aux entreprises, y compris les PME-pour préserver la première économie du monde des conséquences de la pandémie de COVID-19.  

Toujours aux États-Unis, les sénateurs se montraient « optimistes » sur la possibilité de parvenir enfin mardi à un accord sur un plan majeur de relance de la première économie mondiale, après des négociations intenses avec le gouvernement de Donald Trump qui appelait à l’approuver au plus vite.

La Banque d’Angleterre a, elle, annoncé ce mardi l’activation d’un plan pour faciliter l’accès à des livres sterling pour les marchés.

« Les gouvernements prennent des mesures importantes qui, de façon déterministe, presque mécanique, vont générer une récession. Mais plus les mesures sont importantes plus l’effet de la contagion sera limité et la durée de la crise sera la plus réduite possible. Et c’est cette logique que nous observons partout » actuellement, a observé pour sa part Philippe Waechter, chef économiste chez Ostrum Asset Management.

« Signes d’amélioration »

Le marché a également profité d’une « appréciation un peu moins pessimiste de la situation sanitaire » de la part des investisseurs, selon M. Larrouturou, alors que l’Italie, mise à genoux par le fléau du coronavirus, a enregistré lundi, pour le deuxième jour de suite, une baisse du nombre de morts et de nouveaux cas positifs.

Cette baisse alimentait l’espoir prudent d’un ralentissement de la pandémie, même si la péninsule a passé la barre des 6000 morts.

Alors que plus d’un tiers de la population mondiale est appelée à se confiner avec un bilan qui dépasse les 16 000 morts, une nouvelle positive est également venue de Chine : les habitants du Hubei (centre du pays) considérés comme sains pourront se déplacer librement dès mercredi et ceux de Wuhan, ville au cœur de l’épidémie et placée sous cloche depuis fin janvier, à partir du 8 avril.

Mais « de nombreux pays sont encore loin du pic épidémique », prévient Tangi Le Liboux, un stratégiste du courtier Aurel BGC.

Dans ce contexte d’envolée boursière, le marché de la dette s’est lui légèrement tendu.  

« On peut penser que ces mesures (des banques centrales) vont finir par inonder les marchés et que cela aura un effet très favorable sur les spreads (écarts de taux par rapport au taux allemand à dix ans) et les taux, mais l’argent n’est pas encore arrivé à bon port », a relevé Eric Bourguignon, membre du directoire de Swiss Life AM France, interrogé par l’AFP.

Sur le marché du pétrole, les prix sont revenus à des niveaux proches de la clôture de la veille, le baril de Brent de la mer du Nord progressant de 0,44 %, tandis que le baril américain de WTI reculait de 0,60 % (à 23,22 dollars)

Le dollar pâtissait face aux principales devises des annonces de la Fed. L’euro gagnait 0,48 % face au billet vert à 11 h 10.