L’action de BRP a largué près de 20 % de sa valeur restante au cours de la première séance de la semaine après que le fabricant de véhicules récréatifs de Valcourt eut notamment perdu trois recommandations d’achat sur Bay Street.

Richard Dufour Richard Dufour
La Presse

La pandémie force beaucoup d’entreprises à cesser temporairement leurs activités, notamment les concessionnaires qui vendent les véhicules récréatifs motorisés. Et avec des consommateurs confinés à la maison et une récession à l’horizon, le marché des produits discrétionnaires a de moins en moins la cote.

Les usines de BRP devront nécessairement emboiter le pas et elles aussi être mises en pause, laisse entendre Steve Arthur, chez RBC. « La question de savoir pour combien de temps, ajoute-t-il dans une note publiée lundi.

BRP entre dans une période de revenus qui seront faibles voir même non existant, souligne cet analyste.

Suite à l’annonce du gouvernement du Québec, lundi, demandant la fermeture des entreprises jugées « non essentielles » jusqu’au 13 avril, la direction de BRP dit recueillir « plus de détails auprès des autorités » et soutient « évaluer » les impacts possibles sur ses opérations dans la province. « Toutefois, nous sommes conscients que BRP n’est pas considérée comme une entreprise essentielle et nous nous conformerons à cette directive », dit la porte-parole de BRP, Elaine Arsenault.

En publiant ses résultats de fin d’exercice vendredi, BRP avait indiqué qu’à la lumière de la situation entourant la COVID-19, elle suspendait le versement de son dividende pour protéger sa flexibilité financière. La direction a aussi fait savoir qu’elle n’offrait pas de prévisions pour l’exercice financier 2021 en raison du contexte actuel.

La suspension du dividende a pris par surprise plusieurs analystes. BRP a versé 37 millions de dollars en dividende à ses actionnaires au cours de l’exercice qui vient de se terminer. « C’est l’équivalent d’environ 13 % de ses flux de trésorerie, par conséquent c’est surprenant compte tenu de la santé du bilan financier », commente Derek Dley, de la firme Canaccord.

« Ça témoigne de la volatilité potentielle des bénéfices », soutient de son côté Brian Morrison, de la TD, qui ne suggère maintenant plus d’acheter le titre.

« La catégorie des sports motorisés dépend des dépenses discrétionnaires des gens et il faut s’attendre à ce que ce type d’achats soit significativement limité au cours des 6 à 12 prochains mois, sinon plus longtemps », affirme Gerrick Johnson, de la BMO, en retirant sa recommandation d’achat. « L’incertitude extrême risque de garder les multiples d’évaluation sous pression à court terme. »

L’incertitude et les risques à court terme sont tout simplement trop élevés pour continuer de suggérer l’achat de l’action de BRP, mentionne pour sa part l’analyste Mark Petrie, de la CIBC.

« La pandémie aura un impact important sur la confiance des gens et leurs habitudes consommation. Les produits de BRP seront durement frappés. Ça pourrait prendre plusieurs trimestres avant d’observer une reprise de la demande. »

Le titre de BRP a terminé la séance de lundi en recul de 17 % à 20,30 $. L’action avait touché un sommet de 75 $ le mois dernier.