Newmont cesse l’extraction à la mine d’or Eléonore, dans le Nord-du-Québec, jusqu’à nouvel ordre.

André Dubuc André Dubuc
La Presse

La minière en a fait l’annonce lundi matin. L’extraction cesse dans trois autres de ses mines et Newmont retire ses prévisions de production pour 2020.

Outre Eléonore, les trois autres mines sont Musselwhite au Canada, Cerro Negro en Argentine et Yanacocha au Pérou.

Ces mesures ont été prises pour protéger les communautés voisines et pour se conformer aux restrictions de voyage et aux directives sanitaires dans ces pays, explique la société dans un communiqué.

« Newmont a décidé de limiter le personnel sur place pour se conformer à la restriction du gouvernement du Québec sur les déplacements non essentiels dans la province et pour empêcher la transmission possible du virus dans les communautés, y compris les collectivités avoisantes des Premières nations, y lit-on. Il s’agit du personnel requis pour maintenir l’infrastructure, la gestion environnementale et assurer la sécurité des lieux. »

L’effectif total de la mine Éléonore, employés et entrepreneurs inclus, s’élevait à 730 personnes fin février. En novembre dernier, 80 employés avaient été mis à pied dans le but d’ajuster la structure de coûts aux revenus plus bas que prévu.

Fin 2019, Newmont avait dû éliminer 43 % des réserves d’or, ou 1,7 million d’onces d’or, de la deuxième mine d’or en importance du Québec. Newmont est propriétaire d’Eléonore depuis avril 2019.

« Nous n’avons actuellement aucun cas confirmé de COVID-19 parmi notre effectif et nous prenons des mesures importantes, notamment la distanciation sociale sur tous nos sites, le retrait d’un nombre important de travailleurs non critiques de nos opérations, la fermeture de bureaux avec des employés travaillant à distance et l’arrêt de tous les voyages d’affaires non essentiels pour nous assurer de ne pas devenir une courroie de transmission de la maladie », dit Tom Palmer, président et chef de la direction de Newmont, dans un communiqué.

Selon la minière, 80 % de sa production mondiale n’est pas touchée par la COVID-19 pour l’instant. « Si, à un moment donné, la Société détermine que les activités poursuivies présentent un risque accru pour notre personnel ou les communautés d’accueil, nous réduirons les activités opérationnelles de ces mines à leur tour. »

Plus de 2 milliards en banque pour faire face à la crise

La société retire ses prévisions pour l’année 2020. Pour le premier trimestre de 2020, Newmont prévoit maintenant produire environ 1,4 million d’onces d’or et environ 325 000 onces d’autres matières.

Les responsables soutiennent que la société ne connaît pas de retards importants dans l’expédition du concentré, mais a admis que cela pourrait se produire en raison des fermetures décrétées par les gouvernements et des restrictions aux frontières.

Au 31 décembre 2019, la société disposait de 2,2 milliards en banque et de plus de 5 milliards de liquidités de toutes sortes.