(New York) Le Dow Jones est tombé lundi à son plus bas depuis novembre 2016 dans un marché inquiet face à l’impasse politique sur le plan de relance de l’économie américaine et peu rassuré par les nouvelles annonces de la Fed.  

Agence France-Presse

L’indice vedette de la Bourse new-yorkaise a chuté de 3,04 % à 18 591,93 points.

Le NASDAQ, à forte coloration technologique, a lui limité les pertes en abandonnant seulement 0,27 % à 6860,67 points. La progression de grands noms de l’indice, comme Amazon (+3,1 %) ou Netflix (+8,2 %), lui a permis de ne pas trop perdre de terrain.

Le S&P 500 a lui plongé de 2,93 % à 2237,40 points. L’indice élargi de la place new-yorkaise évolue désormais sous le niveau qu’il avait lors de l’investiture de Donald Trump, le 20 janvier 2017.

C’est une déconvenue de plus pour le président américain, qui a fait de la bonne santé des marchés financiers l’un de ses principaux arguments pour sa réélection en novembre.

Lundi, les investisseurs ont manifesté leurs inquiétudes face à l’incapacité du Sénat américain à approuver un plan de soutien massif à l’économie américaine pour lui permettre de faire face aux conséquences dévastatrices de la pandémie de coronavirus.

Le texte a été rejeté deux fois à la chambre haute des États-Unis, dimanche soir puis lundi. Les tractations se poursuivaient lundi en coulisses entre la majorité républicaine et la minorité démocrate.

Selon Peter Cardillo de Spartan Capital Securities, un plan devrait bientôt être adopté par le Congrès américain.

« Une fois qu’il sera passé, les marchés devraient commencer à se stabiliser », prédit l’expert.

« Cela ne veut pas dire que le marché des actions va soudainement se redresser, mais je ne crois pas qu’on descende bien en dessous des niveaux actuels », ajoute-t-il.

Les acteurs du marché n’ont par ailleurs pas semblé particulièrement rassurés lundi par de nouvelles mesures de la Banque centrale américaine (Fed), annoncées avant l’ouverture.

La Fed a annoncé ne plus fixer de limites à ses achats de bons du Trésor et de titres hypothécaires.

Elle a également lancé un nouveau programme de 300 milliards de dollars d’aides pour « soutenir le flux de crédit aux employeurs, aux consommateurs et aux entreprises ».

Selon de nombreux analystes, l’économie américaine doit se préparer à des prochains mois très difficiles.  

Selon Stephen Dulake, chef mondial de la recherche sur le crédit chez JPMorgan Chase, « les prédictions sur une reprise en milieu d’année sont de l’histoire ancienne. »

M. Dulake a dit s’attendre à une « récession profonde » pour la première économie mondiale.

Sur le marché obligataire, le taux à 10 ans sur la dette américaine s’établissait à 0,783 % vers 21 h GMT, en repli par rapport à la dernière clôture (0,854 %).

Boeing s’envole

La Bourse de Wall Street, opérée par le New York Stock Exchange, a par ailleurs temporairement fermé lundi son célèbre parquet.

La fermeture du bâtiment n’affecte pas les échanges, qui se poursuivent en électronique comme c’est le cas sur la plupart des autres places boursières comme le NASDAQ.

Au rang des valeurs, Boeing a flambé de 11,2 % et réalisé la plus forte progression au sein du Dow Jones. L’avionneur américain a annoncé suspendre pour 14 jours sa production de longs courriers dans l’État de Washington, au nord-ouest, dans l’espoir de limiter la propagation du nouveau coronavirus au sein de l’entreprise et faire face à la chute de la demande.  

Les salariés touchés par la suspension vont continuer à travailler de chez eux pour ceux qui le peuvent. Les autres recevront un congé payé sur dix jours. Cela semble indiquer que les tractations avec la Maison-Blanche pour une aide économique massive se déroulent bien.  

Le groupe espère obtenir 60 milliards de dollars. A cet effet, son PDG David Calhoun a accepté de renoncer à son salaire et l’entreprise de suspendre ses dividendes et son programme de rachat d’actions.

Par ailleurs, la banque Goldman Sachs a relevé dimanche sa recommandation sur le titre Boeing.

General Electric (GE) a en revanche cédé 6,3 %. Son PDG a indiqué lundi que l’entreprise supprimait 10 % de ses effectifs aux États-Unis dans la division aviation, pour amortir l’impact de la pandémie du coronavirus sur le transport aérien.