(New York) La Bourse de New York plongeait à l’ouverture vendredi, s’apprêtant à clore sa pire semaine depuis la crise financière mondiale de 2008 sur fond de craintes renforcées autour du coronavirus.

Agence France-Presse

Vers 10 h 15, son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, s’effondrait de 3,71 %, à 24 811,92 points, après avoir lâché plus de 4 % quelques minutes auparavant. Le NASDAQ, à forte coloration technologique, perdait, lui, 2,93 %, à 8315,70 points, et l’indice élargi S&P 500 chutait de 3,47 %, à 2875,53 points.

Wall Street avait lourdement chuté jeudi alors qu’un vent de panique continuait de souffler sur la place new-yorkaise, inquiète du rythme de propagation de l’épidémie de pneumonie virale et de ses conséquences économiques : le Dow Jones s’était écroulé de 4,42 %, perdant près de 1200 points, et le NASDAQ de 4,61 %.

En abandonnant plus de 10 % depuis le début de la semaine, la place new-yorkaise est entrée en zone de correction.

Dans un marché particulièrement frileux, les investisseurs se tournaient à nouveau massivement vers les obligations, jugées moins risquées que les actions.

Le taux à 10 ans sur la dette américaine a ainsi une nouvelle fois atteint un plus bas historique, à 1,1535 %, dans la nuit de jeudi à vendredi, tout comme le taux à 30 ans sur les bons du Trésor américain, tombé à 1,6606 %.

Pour Patrick O’Hare, de Briefing, la ruée vers le marché obligataire et la faiblesse des Bourses mondiales sont le reflet « des inquiétudes sur la propagation du coronavirus ainsi que sa capacité à gravement nuire à la croissance économique mondiale et aux perspectives de croissance des entreprises, surtout si l’épidémie s’accélère aux États-Unis et en Europe ».

La liste des pays touchés par l’épidémie de COVID-19, apparue en Chine, continuait de s’allonger avec le premier cas en Afrique subsaharienne, détecté au Nigeria. En Allemagne, un millier de personnes ont été mises en quarantaine dans l’ouest du pays.

De nombreux événements ont également été annulés un peu partout dans le monde, dont la conférence annuelle des développeurs de Facebook (-1,5 %) prévue début mai en Californie.

Parmi les valeurs du Dow Jones, Caterpillar, souvent considéré comme une jauge de la croissance mondiale, reculait de 1,6 %. Apple (-5,8 %), Chevron (-2,5 %), Nike (-1,8 %) et Disney (-2,8 %) étaient également en repli.

Au rang des indicateurs, l’inflation aux États-Unis est restée quasi stable en janvier par rapport à décembre, à +0,1 %, mais un peu inférieure aux attentes des analystes, selon l’indice PCE publié vendredi.

Les Bourses asiatiques piquent du nez


Dans ce contexte d’incertitude, les Bourses asiatiques ont piqué du nez vendredi, dans le sillage de Wall Street : Shanghai (-3,71 %), Tokyo (-3,67 %) ou Hong Kong (-2,42 %) ont terminé dans le rouge.

Les marchés financiers asiatiques auront connu une de leurs pires semaines depuis la crise financière de 2008-2009, où l’économie mondiale avait connu la récession.

Les cours du pétrole continuaient de chuter vendredi, le Brent de la mer du Nord et le baril américain de WTI abandonnant chacun plus de 2,5 %.

Des plans d’urgence sont prêts à être déployés, notamment par le Fonds monétaire international (FMI), pour venir en aide aux pays face à la crise sanitaire.