(Toronto) Le Groupe TMX a annoncé jeudi après-midi que les opérations sur certaines de ses places boursières, y compris la Bourse de Toronto, seraient interrompues jusqu’à la fin de la séance en raison de problèmes techniques.

La Presse canadienne

L’interruption, survenue plus de deux heures avant la fermeture habituelle des marchés, a eu lieu alors que les opérations étaient en proie à une intense volatilité et aux fortes baisses en raison des craintes entourant l’impact de l’éclosion du nouveau coronavirus sur la croissance économique mondiale.

Au moment de la fermeture forcée, l’indice de référence du parquet montrait un recul de 325 points, soit 1,9 %. Aux États-Unis, la moyenne Dow Jones des valeurs industrielles et l’indice élargi S&P 500 ont tous deux clôturé sur des plongeons de 4,4 %.

Le Groupe TMX a précisé avoir interrompu les opérations parce que les clients n’étaient pas capables d’enregistrer, de modifier ou d’annuler les commandes sur la Bourse de Toronto, la Bourse de croissance TSXV et TSX Alpha. Les transactions ont aussi été interrompues sur le marché des produits dérivés de la Bourse de Montréal.

« TMX continue d’enquêter sur le problème avec les enregistrements de commandes sur le TSX, le TSXV et Alpha. Nous nous excusons pour les inconvénients », a affirmé la société dans une déclaration.

L’entreprise a d’abord annoncé une suspension des opérations, peu avant 14 h, et a confirmé à 15 h 17 que les places boursières resteraient fermées pour la journée. Elle n’a pas précisé à quel moment les Bourses reprendraient leurs activités.

« C’est très décevant », a affirmé Martin Pelletier, directeur et gestionnaire de portefeuille chez Wellington-Altus Private Counsel. « On regarde ce qui se produit aux États-Unis, et il n’est possible de rien faire au Canada. »

M. Pelletier a indiqué qu’il avait toujours accès aux marchés alternatifs comme la Bourse NEO de Toronto, mais la liquidité n’y est pas aussi importante.

« Les marchés alternatifs étaient ouverts, mais il est très difficile pour un investisseur moyen de s’y rééquilibrer, ou pour ses conseillers de travailler avec ses portefeuilles existants. »

Laura Lau, chef des investissements chez Brompton Funds, a estimé que le problème n’était pas bon pour l’image du Canada.

« Ce n’est pas bon pour notre réputation, c’est certainement un œil au beurre noir. »

Elle a noté que la Bourse de Toronto s’ajusterait probablement aux mouvements des actions canadiennes sur les marchés alternatifs lorsque les opérations y reprendront, mais ceux qui voulaient vendre leurs titres jeudi n’ont pu le faire.

« Lorsque les marchés ferment pour un jour férié, ils ont tendance à se reprendre le jour suivant. C’est davantage un problème pour les investisseurs qui voulaient, disons, vendre pour obtenir de l’argent, et qui avaient l’intention de le faire dans les deux dernières heures de la séance. »

L’entreprise avait aussi fermé hâtivement la Bourse de Toronto, le 27 avril 2018, en raison de problèmes techniques. Le parquet avait rouvert le lendemain. L’incident de 2018 avait été attribué à la défectuosité matérielle d’un appareil de stockage central du système de négociation.

À l’époque, le chef de la direction, Lou Eccleston, avait affirmé que le Groupe TMX s’engageait à appliquer les leçons tirées de cet incident pour empêcher que de tels problèmes ne se représentent à l’avenir.