(New York) Les cours du pétrole ont continué leur plongeon jeudi face à la propagation de l’épidémie de nouveau coronavirus, tombant à leurs plus bas niveaux en plus d’un an après avoir chuté de plus de 10 % depuis le début de la semaine.

Agence France-Presse

À Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en avril a lâché 1,25 dollar, ou 2,3 %, pour clôturer à 52,18 dollars, un niveau plus vu depuis fin 2018.  

À New York, le baril américain de WTI pour avril a abandonné 1,64 dollar, ou 3,4 %, pour terminer à 47,09 dollars, au plus bas depuis début janvier 2019.  

Le Brent a lâché 10,8 % depuis le début de la semaine et le WTI 11,8 %.

La propagation du virus fait craindre « un ralentissement mondial, un affaiblissement de la confiance des consommateurs et une diminution des voyages, ce qui pèse sur la demande et donc sur les prix », a expliqué à l’AFP Michael Hewson, de CMC Markets.  

Le coronavirus touche à présent plus de 50 pays plus ou moins armés au niveau médical, avec un bilan provisoire de 82 560 contaminations, dont 2813 décès.

Dans ce contexte, les décisions des ministres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et de leurs alliés lors de la réunion prévue dans une semaine à Vienne seront décisives pour enrayer la chute des cours.

La Russie, par la voix de son ministre de l’Énergie Alexandre Novak cité par les agences russes, s’est dite jeudi « très satisfaite de la coopération avec l’Arabie saoudite » et a assuré « vouloir continuer à coopérer davantage non seulement dans le cadre des relations multilatérales de l’OPEP “, mais également en bilatéral » avec Riyad.

Pour Phil Flynn, de Price Futures Group, les pertes ont pu être limitées à la « suite d’informations évoquant le fait que l’Arabie saoudite pourrait décider de réduire de 500 000 barils par jour ses exportations vers la Chine ».  

« Même si ce n’est pas techniquement une réduction de la production, car le pays va probablement continuer à extraire du brut et le placer dans ses stocks, cela y ressemble », estime-t-il.  

Dans le même temps, ajoute le spécialiste, « les acteurs du marché misent de plus en plus sur la probabilité que la Réserve fédérale décide d’abaisser ses taux une nouvelle fois cette année, ce qui pourrait stimuler la demande en brut ».  

« Si les gros titres sur le coronavirus continuent à empirer, on pourrait voir une nouvelle vague de ventes », car « le marché est clairement plus guidé en ce moment par la peur que par la réalité », estime M. Flynn.  

« Mais à court terme, on pourrait avoir atteint un certain plancher », prédit-il en soulignant que le WTI est descendu jusqu’à 45,88 dollars en cours de séance jeudi.