(New York) La Bourse de New York a terminé sans direction claire mercredi, n’arrivant pas à repartir franchement de l’avant après sa dégringolade en début de semaine dans un marché toujours perturbé par la propagation du coronavirus.

Le Dow Jones a reculé de 0,46 %, à 26 957,59 points. L’indice vedette de Wall Street a baissé de 5,5 % depuis le début de l’année.  

Le S&P 500, qui représente les 500 plus grandes entreprises de Wall Street, a, lui, perdu 0,38 %, à 3116,39 points.

Le NASDAQ, aidé par la hausse de plusieurs valeurs technologiques, dont les géants Netflix (+5,3 %), Apple (+1,6 %) et Microsoft (+1,3 %), s’est en revanche apprécié de 0,17 %, à 8980,77 points.

Les principaux indices new-yorkais ont démarré la séance de mercredi en nette hausse, avant d’effacer la majorité de leurs gains vers la mi-séance.

La Bourse de Toronto a effacé tous les gains qu’elle avait cumulés depuis le début de 2020. Son indice de référence a clôturé en baisse de plus de 100 points pour une quatrième séance de suite.

L’indice composé S&P/TSX du parquet torontois a retraité de 135,45 points pour terminer la journée avec 17 041,92 points. Il a terminé l’année 2019 avec 17 063,43 points.

Les marchés nord-américains avaient pourtant commencé la journée en progression, le TSX affichant même une hausse de 127 points avant de commencer à retraiter plus tard.

Les investisseurs semblent montrer des signes de fragilité face aux manchettes sur le virus COVID-19, qui se propage à l’extérieur de la Chine, a souligné Candice Bangsund, gestionnaire de portefeuille pour Fiera Capital.

« Les marchés financiers se concentrent beaucoup sur les craintes du coronavirus et les investisseurs tentent d’évaluer la sévérité de l’éclosion et ses ramifications pour la croissance mondiale », a-t-elle affirmé lors d’une entrevue.

Les marchés avaient grimpé à des sommets records dans les dernières semaines, avec les signes de ralentissement de la progression du virus en Chine, où 2715 personnes sont mortes parmi les 78 064 cas détectés.

Ils ont cependant commencé à plonger lorsque les cas se sont propagés au Japon, en Iran, en Corée du Sud, en Italie et au Brésil. Ils ont aussi été inquiétés par les déclarations des autorités sanitaires américaines, qui ont prévenu mardi que le virus pourrait se propager aux États-Unis.

« Cela a vraiment inquiété le marché et, essentiellement, les investisseurs tentent d’évaluer à quel moment la situation sera maîtrisée », a expliqué Mme Bangsund.

Tous les secteurs du TSX ont perdu des plumes mercredi, à l’exception de celui des technologies de l’information, qui a avancé de 0,95 %. Les reculs les plus significatifs ont été ceux des secteurs de l’énergie, de l’industrie et de la consommation discrétionnaire, qui ont lâché respectivement 2,85 %, 1,38 % et 1,06 %.

Sur le marché des devises, le dollar canadien s’est négocié au cours moyen de 75,15 cents US, en baisse par rapport à son cours moyen de 75,30 cents US de la veille.

À la Bourse des matières premières de New York, le cours du pétrole brut a rendu 1,17 $ US à 48,73 $ US le baril, tandis que celui de l’or a perdu 6,90 $ US à 1643,10 $ US l’once. Le prix du cuivre s’est pour sa part déprécié de 0,85 cent US à 2,57 $ US la livre.

« On reste dans une phase d’incertitude », note Art Hogan, de National, alors que la propagation de la pneumonie virale semble s’accélérer dans plusieurs pays européens, asiatiques et au Brésil, malgré un apparent ralentissement des cas recensés en Chine.

« Il y a toujours plus de raisons de s’inquiéter que d’être confiant. On ne sait pas à quel stade de l’épidémie on se trouve et on ne connaît pas l’ampleur des dégâts économiques », poursuit l’expert.

Trump va s’exprimer

Donald Trump doit s’exprimer mercredi en fin de journée depuis la Maison-Blanche sur la crise du coronavirus en présence de responsables des Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC).

Le président américain a accusé ses opposants démocrates et certains médias de fomenter la « panique » et d’affoler les marchés, alors que les autorités sanitaires américaines prévoient pourtant une propagation sur le sol américain.

Mardi sur la chaîne d’informations financières CNBC, son conseiller économique, Larry Kudlow, a appelé les investisseurs à ne pas céder à la panique, soulignant que le coronavirus ne représentait pas une « tragédie économique ».

Sur le marché obligataire, le taux à 10 ans sur la dette américaine continuait d’évoluer proche de son plus bas historique, s’établissant à 1,334 % aux alentours de 16 h 45.

Au rang des valeurs, Disney a cédé 3,8 %. Le géant du divertissement a annoncé mardi en fin de journée le départ surprise de son PDG, Bob Iger, à la tête du groupe depuis 15 ans, et son remplacement à la fin de l’année prochaine par Bob Chapek, qui dirige les parcs d’attraction et produits dérivés.

La compagnie de tourisme spatial Virgin Galactic, qui a fait part mardi soir d’une perte de 211 millions de dollars sur l’ensemble de l’année 2019, s’est effondrée de 15,6 %. L’entreprise dirigée par Richard Branson a, par ailleurs, indiqué compter près de 8000 personnes sur sa liste d’attente de voyages dans l’espace.

Novavax s’est envolé de 16,0 % après avoir annoncé des progrès dans le développement d’un vaccin contre le coronavirus. La biotech espère commencer les premiers tests sur les humains à la fin du printemps.

Moderna, qui travaille également sur un traitement contre la maladie COVID-19 et a dit envisager un essai clinique avant fin avril, a flambé de 22,8 %. L’entreprise a fait livrer lundi un vaccin expérimental à un centre de recherche du gouvernement américain.

Beyond Meat a pris 2,4 %. La start-up vegan a noué un partenariat avec Starbucks et proposera, à partir du 3 mars, un burger végétal dans les enseignes canadiennes de la célèbre chaîne de cafés.

– Avec La Presse canadienne