(Paris) Le marché de la dette s’est légèrement détendu vendredi, évitant de s’exposer avant un week-end de trois jours sur les places américaines et surveillant toujours étroitement les développements en lien avec le nouveau coronavirus.

Agence France-Presse

« Les investisseurs restent préoccupés par le coronavirus. Cela permet au marché obligataire », refuge en cas d’inquiétude, « de bien se tenir voire de se détendre légèrement comme aujourd’hui », a souligné auprès de l’AFP Antoine Lesné, responsable stratégie et recherche de SPDR ETF (filiale de State Street Global Advisors).

Le bilan de l’épidémie du nouveau coronavirus approchait vendredi les 1400 morts en Chine, où les autorités ont révélé que six membres du personnel soignant étaient décédés, soulignant les risques qu’ils encourent dans des hôpitaux débordés.

64 000 Chinois contaminés

Près de 64 000 cas de contamination ont désormais été enregistrés dans le pays, dont au moins 1716 parmi les médecins et infirmiers travaillant au contact des malades, selon la Commission nationale de la santé, qui fait office de ministère.

« Comme les bilans ont changé depuis le début de la semaine, cela crée du bruit et alors que les investisseurs s’attendaient à voir arriver le pic de l’épidémie, du coup ils ont du mal à y voir clair, ce qui fournit (au marché) une protection contre une remontée des rendements », a complété M. Lesné.

« Cela reporte en outre l’espoir d’un rebond macroéconomique », selon lui.

Si les statistiques du jour ont eu un impact limité, car les conséquences de l’épidémie ne s’y reflètent pas encore, a analysé l’expert, les investisseurs vont surtout guetter la semaine prochaine les premiers indicateurs d’activité PMI, « dans lesquels nous devrions voir les premiers impacts du virus ».

En Allemagne, le PIB a stagné au quatrième trimestre 2019. Aux États-Unis, les ventes au détail ont augmenté de 0,3 % en janvier, comme attendu.

« Les services devraient permettre de tenir la macroéconomie en 2020, or si cela dure longtemps, la partie consommation risque d’être assez négative », a-t-il ajouté en notant toutefois que « les banques centrales sont toujours là et c’est aussi cela qui soutient le marché ».

Retour au calme sur le Royaume-Uni

Côté anglais, « après s’être pas mal tendus jeudi, dans la foulée de l’annonce d’un changement du ministre des Finances, les taux d’emprunt se stabilisent aujourd’hui », a également souligné M. Lesné.

A 18 h (13 h, heure du Québec), le taux d’emprunt à 10 ans de l’Allemagne a fini sans grand changement, à-0,40 % contre-0,39 % jeudi à la clôture du marché secondaire, où s’échange la dette déjà émise.

Le mouvement a été similaire pour celui de la France, à-0,16 % contre-0,15 % et de l’Espagne, à 0,29 %, comme jeudi.

Le taux d’intérêt à 10 ans du Royaume-Uni s’est légèrement détendu, à 0,62 % contre 0,65 % tandis que celui de l’Italie a connu un mouvement inverse, se tendant légèrement à 0,92 % contre 0,90 %.

Aux États-Unis, le taux d’emprunt à dix ans reculait à 1,58 % contre 1,62 %, à l’instar de celui à 30 ans, à 2,04 % contre 2,07 %. Celui à deux ans s’établissait à 1,42 % contre 1,46 %.