(Londres) Les prix du pétrole chutaient vendredi en cours d’échanges européens, pénalisés par les inquiétudes pesant sur la demande mondiale, notamment en Chine où les mesures prises pour contrer l’épidémie virale pourraient ralentir l’activité économique.

Agence France-Presse

Vers 16 h 45 GMT (11 h 45 à Montréal), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mars valait 60,56 dollars à Londres, en baisse de 2,37 % par rapport à la clôture de jeudi.

À New York, le baril américain de WTI pour la même échéance, perdait 2,61 % à 54,14 dollars.

Les deux indices de référence européen et américain restent sur trois séances consécutives de baisse et accusent un repli d’environ 7 % sur la semaine. Ils ont touché vers 11 h 20 HE 60,30 et 53,91 dollars, des plus bas depuis le début du mois de novembre.

« La situation était déjà fragile et la propagation du virus génère davantage de craintes sur la demande », a estimé Jasper Lawler, analyste de LCG.

Le bilan de l’épidémie du nouveau coronavirus apparu en décembre sur un marché de Wuhan (centre de la Chine) s’est alourdi vendredi avec 26 morts et plus de 830 personnes contaminées.

Face à la crise, le régime communiste a pris jeudi la décision inédite d’interdire tous les trains et avions au départ de Wuhan et de bloquer les autoroutes. Quelque 41 millions de Chinois sont désormais confinés dans la province du Hubei, autour de l’épicentre de l’épidémie virale.

« Les restrictions des déplacements freinent la consommation d’essence et ralentissent toute l’activité », a ajouté M. Lawler.  

De plus, un deuxième cas aux États-Unis a été annoncé vendredi par les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC).

Il est toutefois difficile pour l’instant « de savoir si la peur est justifiée et comment elle va réellement affecter la demande en pétrole », avait relativisé plus tôt dans la journée Carlo Alberto De Casa, de Activtrade.

La veille, le Brent et le WTI ont déjà abandonné 1,9 % et 2 %, les données de l’Agence américaine d’information sur l’Énergie (EIA) indiquant une baisse surprise des stocks de brut aux États-Unis pour la semaine achevée le 17 janvier n’ayant que modérément redressé les cours en cours de séance américaine.