Le titre du gestionnaire d’actifs montréalais Fiera Capital trône maintenant à un sommet des 52 dernières semaines en Bourse, alors qu’il y a trois mois à peine, son fondateur Jean-Guy Desjardins déplorait la « faible » évaluation accordée par les investisseurs.

Richard Dufour Richard Dufour
La Presse

Non seulement l’action de Fiera connaît un bon début d’année, mais elle est maintenant en hausse de près de 30 % depuis le début octobre. Le titre a franchi jeudi la barre des 13 $ pour la première fois depuis novembre 2018. L’action avait reculé à 9,73 $ en août dernier, son plus bas niveau depuis février 2016.

Les raisons pour expliquer le rebond sont multiples. L’analyste Scott Chan, de la firme Canaccord Genuity, parle d’une « combinaison de facteurs ».

La belle tenue des marchés gonfle la valeur des actifs sous gestion, ce qui aide beaucoup les gestionnaires de patrimoine. Même si Jean-Guy Desjardins déteste la comparaison avec les gestionnaires de fonds communs, une activité différente de celle de Fiera, il faut noter que les titres de Placements CI et d’AGF, tout comme celui de la Financière IGM, d’ailleurs, affichent aussi de belles progressions depuis quelques mois. Scott Chan souligne toutefois que la croissance de l’actif sous gestion chez Fiera est supérieure à celle des comparables.

La présentation en novembre par Fiera d’une performance financière trimestrielle supérieure aux attentes fait assurément aussi partie de l’équation.

Les frais de gestion moyens plus élevés chez Fiera, par rapport à la plupart des comparables – en raison notamment de la répartition des actifs (stratégies de placements alternatifs, actions, revenu fixe) –, est un autre élément à souligner, selon Scott Chan. Tout comme la clientèle de Fiera (forte croissance du nombre de clients à valeur nette élevée), précise-t-il.

Le rendement du dividende

Il ne faut pas oublier non plus qu’en octobre dernier, lorsque l’action de Fiera se négociait à moins de 10 $, l’évaluation relativement abordable portait le rendement du dividende à près de 9 %, niveau nettement plus élevé que celui des comparables. Cette situation rendait le titre alléchant aux yeux des chasseurs de rendements. Même après l’appréciation des derniers mois, le rendement du dividende demeure toujours intrigant, sinon plutôt intéressant, à environ 6,5 %. Certains observateurs croient même que la direction pourrait recommencer à bonifier son dividende avant la fin de l’exercice financier qui vient de débuter.

Scott Chan estime que les investisseurs ont aussi pu être attirés par les perspectives d’expansion des marges chez Fiera.

L’acquisition de Foresters l’an passé semble aussi avoir été appréciée. Cette transaction a apporté à elle seule 11 milliards en actifs sous gestion.

Fiera a maintenant pour objectif de porter son actif sous gestion à 250 milliards d’ici 2022. L’actif sous gestion chez Fiera s’élevait à environ 165 milliards au début de l’année.

En entrevue avec La Presse en octobre dernier, le fondateur, président du conseil et chef de la direction, Jean-Guy Desjardins, avait déploré le faible cours boursier, une situation qui rendait l’entreprise vulnérable à une offre d’achat, disait-il.