(New York, Toronto) La Bourse de New York a terminé en forte hausse mercredi alors même que les États-Unis ne connaissaient pas encore le nom de leur prochain président au lendemain d’une élection particulièrement serrée, dont certains résultats sont déjà contestés par Donald Trump.

Agence France-Presse, La Presse Canadienne

L’indice vedette de la place new-yorkaise, le Dow Jones Industrial Average, a pris 1,3 847,66  847,66 points.

L’indice composé S&P/TSX du parquet torontois a clô uré à 15 998,74 points, en hausse de 59,59 points.

Le NASDAQ, poussé par la forme éclatante des géants technologiques américains, a grimpé de 3,85 % à 11 590,78 points.

Le S&P 500, qui regroupe les 500 plus grandes entreprises de Wall Street, est monté de 2,21 % à 3343,44 points.

Après la clôture, les contrats à terme sur les trois grands indices étaient tous en hausse, celui sur le NASDAQ s’envolant d’un peu plus de 5 %.

Après de lourdes pertes la semaine dernière, Wall Street était déjà bien remontée lundi et mardi.

Les signaux positifs se sont accumulés mercredi après-midi pour le candidat démocrate Joe Biden, qui a remporté les États-clés du Wisconsin et du Michigan, mais sa victoire n’était pas encore garantie.

Donald Trump a de son côté lancé une guérilla judiciaire pour exiger un recomptage des suffrages dans le Wisconsin et la suspension du dépouillement en Pennsylvanie.  

Dans le même temps, les républicains semblaient en bonne position pour conserver leur majorité au Sénat, tandis que les démocrates étaient en passe de garder leur avance à la Chambre des représentants.

« Cela veut dire qu’on sera dans une impasse politique, ce que le marché voit de manière positive », estime Peter Cardillo de Spartan Capital.

« Quel que soit le vainqueur, il ne sera pas en mesure d’appliquer entièrement son programme », ajoute l’expert.

L’absence d’une « vague bleue » pour les démocrates signifie notamment qu’il sera beaucoup plus difficile à M. Biden, en cas de victoire finale, de faire voter ses hausses d’impôt sur les grandes entreprises et les grandes fortunes américaines ainsi que sur les gains en Bourse.

Par ailleurs, si le Sénat reste aux mains des républicains, la possibilité d’un nouveau grand plan d’aides à l’économie se réduit, faisant baisser le risque d’inflation et donc les taux d’intérêt.

La Banque centrale américaine (Fed), soucieuse de soutenir la croissance si les responsables politiques ne parviennent pas à un compromis sur des mesures budgétaires, ne devrait de son côté pas remonter de sitôt ses taux directeurs.

Sur le marché des devises, le dollar canadien s’est négocié à 76,12 cents US, en hausse par rapport à son cours moyen de 76,07 cents US de la veille.

Tout roule pour Lyft et Uber

Malgré tout, fait remarquer Shawn Cruz de TD Ameritrade, l’indice VIX, qui mesure la volatilité à Wall Street et est surnommé « l’indice de la peur », est resté à un niveau relativement élevé, autour des 30 points malgré un plongeon de près de 17 % mercredi.

« De nombreuses questions restent en suspens que ce soit au niveau de nouvelles mesures d’aide ou du ralentissement de l’économie », observe M. Cruz.

Parmi les valeurs du jour, les piliers américains du numérique ont enregistré des gains impressionnants, notamment Alphabet (+6,09 %), la maison mère de Google, et Facebook (+8,32 %).

Pour certains analystes, ces progressions s’expliquent par le fait que les démocrates sont moins enclins à vouloir démanteler ces entreprises, sous le coup de plusieurs enquêtes et procédures judiciaires.

Les plateformes de réservation de voitures avec chauffeur (VTC) Uber (+14,59 %) et Lyft (+11,28 %) se sont pour leur part envolées après avoir obtenu une victoire majeure lors d’un référendum en Californie pour préserver leur modèle économique.