(New York) Les prix du pétrole ont repris de la hauteur lundi après une mauvaise semaine et un début de journée en nette baisse, avec les espoirs d’un assouplissement de la politique de l’offre de l’OPEP+ alors que la demande est plombée par les nouveaux confinements.

Agence France-Presse

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en janvier, dont c’était le premier jour de cotation, a gagné 2,71 % ou 1,03 dollar par rapport à la clôture de vendredi, à 38,97 dollars.

À New York, le baril américain de WTI pour décembre a gagné 2,84 % ou 1,02 dollar, à 36,81 dollars.

Les cours du brut « ont rebondi après des rumeurs indiquant que la Russie a proposé de retarder la hausse de la production (de pétrole) de l’OPEP+ », a commenté Fawad Razaqzada, analyste de ThinkMarkets.

« On s’imaginait bien que les baisses de la semaine dernière allaient retenir leur attention et c’est ce qui est arrivé », a indiqué John Kilduff, d’Again Capital.

Pour Gary Cunningham chez Tradition Energy, le rebond des cours de l’or noir « est une réaction aux commentaires de certains des membres de l’OPEP+ qui envisagent de retarder l’augmentation de la production pour soutenir le marché ».

Une rencontre entre Alexandre Novak, le ministre russe de l’Énergie, et les dirigeants des groupes pétroliers du pays devait se tenir lundi « avec à l’ordre du jour l’accord de l’OPEP+ », a indiqué une source au sein du secteur pétrolier russe citée par l’agence de presse publique Ria Novosti, mais aucune décision n’a filtré.

Cette éventuelle prolongation d’une limitation de la production « reste néanmoins un point d’interrogation », souligne Gary Cunningham.

« Certains pays comme l’Arabie saoudite n’indiquent peut-être pas publiquement qu’ils vont continuer à restreindre la production, mais en discutent derrière les portes closes », a-t-il poursuivi ajoutant que la Russie avait « pris une position plus claire, un des ministres ayant indiqué qu’ils considéraient étendre les limitations de production au-delà de la période actuelle ».

Les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et leurs alliés, via l’accord OPEP+, ont prévu normalement d’augmenter leur production commune de 1,9 million de barils par jour au 1er janvier.

Mais de nombreux observateurs attendent un report de cette décision de la part de l’alliance, dont la Russie est une pièce maîtresse, afin de contrer la rechute de la demande entraînée par une deuxième vague de COVID-19 qui frappe notamment le continent européen.

« Une fois que la Russie et l’Arabie saoudite sont sur la même longueur d’onde, les autres n’ont pas d’autre choix que de suivre », juge John Kilduff.

En plongeant d’environ 10 %, les deux contrats de référence ont déjà lourdement souffert la semaine dernière, enregistrant au passage leur pire chute hebdomadaire depuis avril.

« En plus des problèmes liés au pétrole, les investisseurs s’apprêtent à des turbulences cette semaine liées à l’élection présidentielle américaine », avait estimé plus tôt dans la journée Avtar Sandu, de Phillip Futures.

Les Américains devront choisir mardi entre le président républicain sortant Donald Trump et son rival, le candidat démocrate Joe Biden, qui fait figure de favori.