(Londres) Les prix du pétrole accentuaient leur chute mercredi, de plus de 5 % pour la référence américaine, alors que la COVID-19 continue de se propager en Europe et aux États-Unis semant le doute chez les investisseurs sur la demande à venir d’or noir.

Agence France-Presse

Vers 13 h 20 GMT (9 h 20 à Montréal), le baril américain de WTI coté à New York pour livraison en décembre lâchait 5,76 % à 37,29 dollars.  

À Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison le même mois perdait quant à lui 4,90 % à 39,18 dollars.

Les deux cours de référence retrouvent des niveaux de prix plus vus depuis le 5 octobre, après une journée de répit la veille et un premier plongeon cette semaine de plus de 3 % lundi.

« Le nombre élevé de nouveaux cas d’infections dans plusieurs pays pousse les gouvernements à instaurer des mesures de confinement strictes qui ont eu pour effet de réduire la demande de pétrole », a commenté Bjornar Tonhaugen, analyste de Rystad.

L’Allemagne et la France doivent notamment décider mercredi un tour de vis supplémentaire dans l’espoir d’enrayer la deuxième vague de propagation de la COVID-19, de quoi « menacer la consommation respectivement de 2,3 millions et 1,5 million de barils par jour jusqu’à la fin de l’année », a poursuivi M. Tonhaugen.

Les nouvelles ne sont pas rassurantes non plus aux États-Unis où l’American Petroleum Institute (API), la fédération qui regroupe les professionnels du secteur pétrolier, a publié mardi son estimation de l’état des stocks dans le pays, rendant compte d’une forte hausse de 4,6 millions de barils, trois fois plus qu’attendu.

« C’est la dernière chose que les investisseurs ont envie de voir », avait réagi Naeem Aslam, d’Avatrade.

L’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA), aux chiffres jugés plus fiables, publiera ses chiffres plus tard dans la journée. Selon la médiane d’analystes interrogés par l’agence Bloomberg, la hausse devrait être plus mesurée, de l’ordre de 1,5 million de barils.

De plus, « l’offre de pétrole brut de Libye augmente plus rapidement et à des niveaux plus élevés que prévu », ont prévenu les analystes de JBC.

La Compagnie nationale libyenne de pétrole (NOC) a annoncé lundi la levée de l’état de force majeure sur le dernier champ pétrolier bloqué, déclarant ainsi toutes les installations pétrolières opérationnelles.